Dérapage politique«L’UDC n’est pas raciste… Xénophobe peut-être»
Lors du débat Infrarouge de mercredi, le Conseiller national Thomas Stettler (UDC/JU) a jugé que son parti n’était pas raciste, mais xénophobe.

«On n’est pas racistes, mais xénophobes peut-être. On a peur de l’étranger et puis c’est vrai, il y a des images qui me font peur. Et d’être xénophobe, ce n’est pas un défaut politique.» Les propos tenus par le conseiller national Thomas Stettler (UDC/JU) lors du débat Infrarouge à la RTS, mercredi soir, ont déjà fait réagir les internautes romands, à l’instar de la journaliste politique et vice-présidente du Mouvement européen Suisse Chantal Tauxe: «Un moment lunaire lors d’@RTSinfrarouge: un nouveau conseiller national revendique d’être xénophobe», écrit-elle sur X (anciennement Twitter).
Levée de boucliers à gauche
L’opposition n’a pas mis longtemps avant de réagir au discours du conseiller national UDC. Si plusieurs personnalités politiques de gauche se sont déjà exprimées sur les réseaux sociaux, il n’y a que la Jeunesse Socialiste Genevoise, pour l’instant, qui a clairement pris position contre les propos tenus mercredi. «Nous ne voulons pas d’un pays gouverné par la peur des autres. Mobilisons-nous maintenant contre la xénophobie», a écrit le parti sur son compte Instagram.
Le conseiller d’État Carlo Sommaruga (PS/GE), lui, s’est dit extrêmement choqué par ce dérapage: «Qu’un parti gouvernemental puisse se déclarer officiellement xénophobe et se dresser contre la population étrangère et binationale, c’est choquant. L’UDC a franchi une ligne rouge, mercredi soir. Mépriser celles et ceux qui construisent ou ont construit nos routes, nos hôpitaux, nos écoles et qui les font tourner est inadmissible.»
Contactée, l’UDC n’a pas souhaité s’exprimer sur les propos tenus par son élu lors du débat.
Francisco Carvalho da Costa (fcc), journaliste à 20 minutes depuis 2023, couvre l'actu suisse. Il aime relever les défis, l'économie et la cuisine.
