EnvironnementLa Suisse devra mieux lutter contre les PFAS qui polluent ses sols
Le National a adopté, mardi, une motion de la Valaisanne Marianne Maret qui demande de définir les valeurs spécifiques de ces substances utilisées durant des décennies par l’industrie et qui présentent un risque pour la santé.

Le Conseil fédéral devra fixer des valeurs limites pour les PFAS et définir les conditions pour l’élimination des matériaux, pour les évaluations des pollutions présentes dans le sol et le sous-sol, et les exigences de rejet pour le déversement dans les eaux. Après le Conseil des États en décembre dernier, le National a accepté à son tour mardi, par 134 voix contre 52, une motion en ce sens de la sénatrice Marianne Maret (C/VS).
Des produits aux risques préoccupants
«Les PFAS sont difficilement biodégradables. Ils sont donc présents dans de nombreux endroits, notamment les sols, les sous-sols et les eaux souterraines. Lorsqu’on les retrouve dans les produits de consommation et dans la nature, ces substances représentent un risque pour la santé humaine et animale, a expliqué pour la commission Christine Bulliard-Marbach (Centre/FR). Et les risques liés aux PFAS sont nettement plus élevés que ce qu’on pensait jusqu’à présent.»
Fixer des valeurs limites dans les ordonnances fédérales donnera aux Cantons une référence claire, selon elle. «C’est une condition préalable à l’assainissement des sites pollués.»
Aux Cantons d’agir
Une minorité était opposée au texte. «Plusieurs Cantons ont d’ores et déjà pris la mesure du problème», a rappelé Pierre-André Page (UDC/FR), estimant qu’il leur appartient d’assainir ces zones, car tous ne sont pas concernés. Ainsi Vaud ou Saint-Gall ont déjà entrepris des travaux d’assainissement de certains sites, selon le député. «Il n’est pas nécessaire de fixer de règlement à l’échelon fédéral. Sans compter que pareille réglementation entraînerait forcément des coûts à la charge de la Confédération», a-t-il plaidé. En vain.
Christine Talos (cht) est journaliste au sein de la rubrique Suisse/Régions depuis 2011. Son domaine de prédilection est la politique suisse.
