Signature à La Poste«Ce sont des erreurs, mais pas une faille de sécurité générale»
Un client a porté plainte contre La Poste après avoir eu connaissance d’un document sur lequel apparaissait, on ne sait comment, sa signature électronique. La société réfute toute faille de sécurité.

Son séjour aurait dû le détendre mais, au contraire, il a marqué le début de ses angoisses. Cet été, Eric avait demandé à La Poste de conserver son courrier pendant ses vacances au soleil. À son retour en Suisse, plus tôt que prévu, l’homme, qui a voulu récupérer ses lettres, s’est rendu au guichet à Zoug, où une signature électronique lui a été demandée. Quelques jours plus tard, en voyant que son courrier ne lui parvenait pas, Eric est retourné à la poste. «On m’a présenté un document de confirmation de livraison du courrier avec ma signature électronique en dessous, alors que je n’avais jamais vu ce justificatif», raconte cet Alémanique.
Il craint pour ses données
Depuis, Eric craint le pire: «Un agent ou un système a pu générer un faux rapport. Et si La Poste devait enregistrer ma signature numérique pour une raison valable, celle-ci devrait être limitée à des cas d’utilisation, tels qu’une preuve ou une authentification. Mais pas pour être imprimée sur des documents supposés générés par le client.» L’homme, qui accuse La Poste d’avoir reproduit sa signature, s’inquiète pour ses données personnelles.
«Une erreur technique unique»
Le géant jaune, qui lui a présenté ses excuses, reconnaît deux erreurs. «Les envois gardés à La Poste ont été marqués comme distribués, alors qu’ils ne l’avaient pas encore été. C’est une erreur de manipulation. Quant à la signature du client, elle était représentée par erreur sur le justificatif. Même si nous ne savons pas exactement pourquoi elle figurait sur ce document, La Poste en déduit qu’il s’agit d’une erreur technique unique et exclut une faille de sécurité générale», déclare l’enseigne, qui a pourtant examiné le cas de manière approfondie.
Celle qui autorise les signatures électroniques depuis 2014 assure que celles-ci sont «cryptées et enregistrées dans des systèmes d’archivage séparés des informations d’envoi correspondantes. Comme la signature n’est pas enregistrée sur l’appareil du facteur, elle ne peut être utilisée par les collaborateurs.»
Mais ces explications n’ont pas convaincu Eric. Il veut aller plus loin: «Ce document est un faux. J’ai déposé une plainte.» La Poste, elle, n’a pas connaissance de cas similaires.
Le client a des droits sur ses données
Lauren von Beust (lvb) est journaliste à 20 minutes depuis 2019 pour la rubrique Suisse/Régions. Elle a un faible pour la chronique judiciaire et les sujets animaliers.
