Genève: Chômeurs davantage taxés

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GenèveChômeurs davantage taxés

Pour renflouer l’assurance perte de gain maladie des chômeurs, en déficit, l’État envisage de quasi doubler le taux de cotisation. Les syndicats s’inquiètent.

Genève comptait 9195 chômeurs en août, soit un taux de 3,7%.
Genève comptait 9195 chômeurs en août, soit un taux de 3,7%. L.Guiraud/TDG

«Les chômeurs vont passer à la caisse.» Les syndicats s’insurgent contre un projet du Canton visant à éponger le déficit des prestations en cas de maladie (PCM). Celles-ci permettent de couvrir jusqu’à une année de maladie pour les personnes au chômage, au bout du lac. Selon la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS), la proposition de l’État est de faire passer le taux de cotisation versée par les assurés de 2% à 3,75%. «Ce nouveau taux représente un quasi-doublement, et avec l’inflation qu’ils subissent de plein fouet, notamment, pour les chômeurs ça va faire mal, tonne Davide De Filippo, président de la CGAS. Cela nous inquiète.»

Un trou de 8 millions


En raison de la baisse du nombre de chômeurs, soit les cotisants, et, en parallèle, d’une hausse des cas d’indemnisation, en particulier due au Covid, les PCM accusent un trou de 8 millions, expose le responsable syndical. Or, pour être à l’équilibre, elles doivent engranger annuellement 16 millions. «Il y a un manque complet d’anticipation, car cette problématique a été identifiée en 2021, déplore-t-il. Si le Conseil d’État s’y était pris plus tôt, il aurait pu amortir le choc. Nous voudrions un échelonnement.»

Les syndicats demandent également un effort supplémentaire de l’État, «car c’est un peu de sa faute»: «Le Canton pourrait mettre 8 millions de plus dans les réserves de la caisse, il en a les moyens, et cela permettrait de diviser par deux l’augmentation», affirme le syndicaliste. Selon lui, le projet pourrait entrer en vigueur en octobre.

Mesures pour compenser la hausse


Contacté, le Département de l’économie et de l’emploi indique: «Les discussions au sein du Conseil d’État sont soumises au secret de fonction. Il communiquera en temps voulu.» Selon nos informations, l’État travaille sur des mesures pour compenser la hausse prévue.

Des améliorations saluées

La hausse du taux fait partie d’un projet de modification réglementaire, que le Conseil d’État est seul à valider. Il est accompagné d’un projet de modification de la loi, qui sera soumis au Grand Conseil. La CGAS salue des améliorations, en particulier la suppression d’un délai de carence de deux jours. Celui-ci intervient entre la fin de la période d’indemnisation prévue dans la loi fédérale, qui est de deux mois, et le début des PCM, explique Davide De Filippo.

Léonard Boissonnas travaille à la rédaction de 20 minutes depuis 2012. Il est notamment passé par la rubrique web, avant de rejoindre la rubrique genevoise en 2018.

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