SantéLa télémédecine convainc peu en Suisse
Les consultations médicales à distance ont augmenté depuis la pandémie. Toutefois, en comparaison internationale, elles ne semblent pas séduire les médecins suisses.

Les consultations de télémédecine, censées constituer une solution remplaçant les examens en cabinet, se développent nettement moins en Suisse que dans d’autres pays industrialisés. C’est ce que révèle une enquête menée par la fondation Commonwealth Fund sur les politiques sanitaires de dix nations d’Europe, d’Amérique et d’Océanie. À titre d’exemple, l’année passée en Grande-Bretagne 84,5% des médecins de famille fournissaient «souvent» ou «occasionnellement» des consultations médicales en vidéo. Un chiffre qui se monte à 15,5% en Suisse pour la même période. Ce score classe la Suisse, et de loin, comme la nation la moins perméable à ce nouveau type de consultation.
Contrairement aux autres pays étudiés, la Suisse n’a donc pas «profité» de l’essor de la télémédecine durant la pandémie pour poursuivre cette pratique. En effet, partout ailleurs, le recours aux consultations vidéo a augmenté d’au moins 30% depuis 2019. Dans le même intervalle en Suisse, il a connu une augmentation de 11,8%.
Médecins insatisfaits
En cause, notamment, l’insatisfaction des médecins de famille. Seuls 44,7% des praticiens qui ont tenté l’expérience en Suisse se disent «satisfaits» ou «très satisfaits» de la télémédecine. Sur cette question, la moyenne internationale est de 74,8%. «Une situation due notamment aux difficultés liées aux tarifs, à la législation et à la protection des données», commente l’Observatoire suisse de la santé.
Si cette pratique séduit moins les médecins suisses, c’est également parce que notre pays est plus densément peuplé que la majorité des autres nations étudiées. Dans les pays ayant une grande superficie mais une faible densité de population, les professionnels considèrent en majorité que la télémédecine a amélioré la prise en charge rapide des patients. En Suisse, au contraire, plus de la moitié (52,2%) des médecins de famille estiment que celle-ci «ne s’est pas améliorée» avec l’essor des consultations à distance.
Les assureurs sont motivés
Les assureurs, de leur côté, ne voient que des avantages à la télémédecine. La RTS nous apprenait en effet durant la pandémie que, selon Adrian Kay, porte-parole de l’assurance Curafutura, «près de la moitié des cas pourraient être réglés avec une consultation à distance». De quoi alléger les coûts de la santé ainsi que la surcharge de patients vécue par les professionnels du milieu.
Samuel Bonvin (sbv) est journaliste au sein de la rubrique Suisse/Régions du 20 minutes depuis 2023. Il aime traiter de politique, de jeux vidéo et de musique.
