«Commerce douteux»Un géant du négoce de gaz réclame un pactole à des ONG
La multinationale Kolmar Group intente un nouveau procès aux auteurs d’un rapport critique à son encontre, plus de trois ans après sa publication.

Kolmar Group AG, une multinationale basée à Zoug et spécialisée dans le négoce de pétrole, a déposé lundi une plainte à l’encontre des ONG suisses Public Eye et TRIAL International. Deux collaboratrices de ces organisations et un journaliste indépendant sont également poursuivis. Le motif de la présumée atteinte à la personnalité remonte à mars 2020. Les ONG avaient alors accusé Kolmar, dans un rapport publié après plus d’un an d’enquête, d’avoir utilisé un réseau commercial illégal pour acheter du pétrole libyen.
Par cette action en justice civile menée auprès du Tribunal cantonal zougois, la société réclame 1,8 million de francs de dommages et intérêts aux instigateurs de cette enquête. Et elle n’en est pas à son coup d’essai. En 2020, le même rapport avait déjà suscité une plainte devant le Ministère public du canton de Berne. Les auteurs avaient été accusés de «diffamation, voire de calomnie», lors de ce premier appel à la justice. Après une première décision de non-entrée en matière, un recours a été accepté «pour des questions procédurales», selon Public Eye. L’affaire est toujours en cours.
Les deux ONG contestent formellement les accusations à leur encontre, dans un communiqué publié vendredi. Pour elles, ces plaintes constituent des tentatives de déstabilisation, destinées à les mettre sous pression. Un phénomène qui touche nombre d’organisations non gouvernementales et de journalistes en Suisse. Plusieurs organisations de la société civile ont d’ailleurs fondé cet été dans notre pays une Alliance destinée à soutenir les victimes de ces démarches.