Shopping du dimancheOuvrir des commerces que pour les touristes «n’a aucun sens»
L’idée d’ouvrir le dimanche des commerces destinés aux touristes dans les grandes villes comme Genève et Lausanne est déjà vivement critiquée par les commerçants et les syndicats.

Un bon compromis, c’est quand toutes les parties impliquées repartent en colère, paraît-il. Sur ce point, le département du conseiller fédéral Guy Parmelin semble avoir fait tout juste avec son projet d’ouverture dominicale des magasins dans les grandes villes. Sur le modèle de destinations prisées comme Montreux ou de certaines stations de ski huppées, Genève, Lausanne, Zurich, Berne ou Bâle pourraient autoriser, dans des zones limitées de leur centre, l’ouverture de commerces dont l’assortiment est «destiné à satisfaire les besoins spécifiques des touristes internationaux». Comprenez: les enseignes de luxe et les boutiques de souvenirs.
Flore Teysseire, secrétaire patronale de Genève Commerces, parle d’une «douche froide». Alors que la branche pensait voir les rues des grandes villes de Suisse s’animer le dimanche à l’image de certaines métropoles européennes, les restrictions proposées par le Conseil fédéral sont jugées contreproductives. «Il va falloir expliquer aux gens pourquoi il y a quatre magasins sur cinq qui sont fermés. Cela n’a aucun sens, ni touristique ni économique», s’insurge la responsable pour qui la Suisse est «très en retard» en la matière. «On ne va pas vers le mieux avec ce projet, c’est regrettable.»
Critères flous
Flore Teysseire considère «que l’image d’une destination réservée aux nantis est dommageable pour la Suisse. Alors qu’on aimerait promouvoir le commerce local auprès des touristes et à la portée de toutes les bourses. Le commerce de détail dans son ensemble est indispensable pour rendre une destination touristique attractive.» De plus, les critères pour être autorisé à ouvrir sont flous. Une boutique qui propose des souvenirs mais aussi d’autres produits devra-t-elle bloquer l’accès à certains rayons? Comment vérifier qu’une enseigne a une clientèle majoritairement internationale? Ce genre de questions restent en suspens.
HotellerieSuisse, la fédération du commerce de détail Swiss Retail et la promotion du tourisme à Zurich ont aussi réagi négativement aux propositions. Elles avancent les mêmes arguments sur le peu d’intérêt qu’une telle mesure aurait sur l’animation des centres-villes.
Imposer «une société qui travaille 24h/24 et 7 jours sur 7»
Ne ratez plus aucune info
Julien Baumann (jba) est journaliste aux rubriques Suisse et Suisse romande de 20 minutes depuis début 2021. L'actu suisse alémanique n'a (presque) plus de secrets pour lui.
