Suisse: Ouvriers démarchés en Europe de l’Est et finalement réduits en esclavage

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SuisseOuvriers démarchés en Europe de l’Est et finalement réduits en esclavage

Un entrepreneur zurichois a été condamné à 10 ans de prison pour traite d’êtres humains. Il attirait des plâtriers étrangers en leur promettant des salaires horaires de 16 à 18 francs, puis il ne les payait que 4 à 9 francs de l’heure.

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hoh/jbm
Le principal accusé à son entrée au tribunal.
Le principal accusé à son entrée au tribunal.Stefan Hohler

Lundi, le Tribunal de district de Zurich a reconnu un homme de 42 ans coupable de traite d’êtres humains par métier, d’escroquerie, de gestion déloyale, de mauvaise gestion et d’une multitude d’autres délits. Pour cela, il le condamne à 10 ans de prison, moins environ trois ans de détention préventive passés depuis 2017. Il doit en outre s’acquitter d’une amende de 6150 francs. À cela s’ajoutent des frais de justice ainsi que des dommages et intérêts pour les ouvriers exploités d’un montant de près de 100’000 francs. Avec ce jugement, le tribunal est allé au-delà de la demande de la procureure. Lors du procès qui s’est tenu en février, elle avait requis une peine de prison ferme de 8 ans et 4 mois et une amende ferme de 5400 francs.

Ce Suisse de 42 ans est accusé d’avoir attiré des ouvriers plâtriers hongrois en leur proposant des salaires horaires de 16 à 18 francs, puis de ne les avoir payés que 4 à 9 francs de l’heure en Suisse. Des travailleurs de Moldavie, pays encore plus pauvre, ont reçu, selon l’acte d’accusation, des salaires horaires de 80 ct. à 3 fr. 50. On leur avait pourtant promis un salaire mensuel de 1800 francs.

Ouvriers malmenés

Les ouvriers du bâtiment engagés par cet entrepreneur devaient travailler jusqu’à dix heures par jour, et huit à neuf heures le samedi. Ils vivaient dans un immeuble ancien et insalubre à Uznach (SG) et étaient parfois logés à douze dans un appartement de 7,5 pièces. En outre, le prévenu aurait menacé les employés avec un taser et les aurait insultés. Il aurait mis à leur disposition des vêtements de protection insuffisants. L’acte d’accusation mentionne sept hommes originaires de Hongrie et seize hommes originaires de Moldavie. En réalité, il s’agirait d’une centaine de personnes qui ont été exploitées. Les délits ont été commis entre 2012 et 2016. En février 2017, le prévenu a été arrêté et avait passé trois ans en détention provisoire.

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