AstuceUn train en plus sur un billet peut le faire coûter… moins cher
Un lecteur a décelé une absurdité du système de tarif des transports publics. L’organisation qui les fixe explique la subtilité.

Pas sûr que la découverte qu’a faite Maurice* contribue à le convaincre de lâcher sa voiture pour prendre le train plus souvent. Habitant de Monthey (VS), il se rend parfois au boulot à Lausanne en transports publics. Sa liaison la plus rapide: deux trains avec changement à St-Maurice (VS). Sa découverte: le billet Lausanne – St-Maurice coûte plus cher (12 fr.) que le billet Lausanne – St-Maurice – Monthey (10,90 fr.). En clair: avec un train en plus dans le billet, le prix global est plus bas. Absurde, juge le Valaisan.
Alliance SwissPass, l’organisation qui fixe les tarifs, ne le contredira pas. Son porte-parole Bruno Galliker assure que «la jungle tarifaire occupe la branche depuis des années». Pour le cas présent, le problème, c’est que deux systèmes cohabitent. Lausanne et St-Maurice sont tous deux dans la communauté tarifaire vaudoise Mobilis. Mais Monthey, non. Le billet de Lausanne à St-Maurice est donc basé sur le système de zones, mais celui pour Monthey lui, est calculé sur la base du système nommé «service direct national» et ne vaut que pour ce trajet précis.
Alors, les habitants de St-Maurice peuvent-ils «tricher» et prendre un billet jusqu’à Monthey, même s’ils n’y vont pas, pour payer moins cher? «Il est permis de le faire», confirme Bruno Galliker. Mais il faut bien calculer d’abord. Les billets de zones sont valables pour une certaine durée et pour tous les trains, bus et métros qui s’y trouvent. Le billet «direct», lui, n’est valable qu’une fois et du point A au point B. Ainsi, si le voyageur, à Lausanne, veut poursuivre son trajet en bus ou avec le M2, il a meilleur temps de prendre le billet de zones (plus cher), plutôt qu’un billet direct (moins cher) mais auquel il devra ajouter le billet de métro, qui est en fait un billet de zone (assez cher). C’est limpide, non?
Et ça marche aussi ailleurs
Yannick Weber (ywe) est chef de rubrique Suisse/Régions chez 20 minutes où il travaille depuis 2017. Ses domaines: politique, économie et consommation.
