Suisse romandeL’intégration des élèves ukrainiens dans les écoles suscite le débat
Les Cantons de Vaud et du Valais estiment que tout va bien, alors que les enseignants se sentent livrés à eux-mêmes et que certains parents s’inquiètent.

Au salon de coiffure ou autour de la machine à café du bureau, il n’est pas rare d’entendre des parents déplorer: «Le rythme des cours, dans les classes de mes enfants, a fortement ralenti depuis l’arrivée des élèves ukrainiens. À mon avis, ils n’arriveront jamais au bout du programme.» Mais les autorités cantonales veulent tordre le cou à cette rumeur: «Nous n’avons rien constaté de tel pour le moment. Toutefois, nous ne fermons pas les yeux sur certaines situations particulières plus difficiles. La plupart du temps, ces enfants apprennent très vite et leur présence en classe constitue une richesse, permettant de vivre la solidarité et l’ouverture culturelle au quotidien», explique le canton du Valais.
Et les autorités vaudoises d’ajouter: «Le corps enseignant est qualifié pour recevoir des enfants allophones dans les classes et assurer le programme en fonction des différents niveaux qui les composent. D’ailleurs, les études à ce sujet ont plutôt tendance à démontrer que, après un temps d’adaptation, l’accueil de migrants produit des effets positifs sur les apprentissages de l’ensemble de la classe.»
Les moyens ne suffisent pas
Ce constat n’est toutefois que partiellement partagé par le Syndicat des enseignants romands (SER), qui estime que les moyens humains à disposition ne suffisent pas. «Pour les enseignants, c’est surtout l’incertitude qui règne autour du nombre d’arrivées, de l’évolution de la situation en Ukraine, et de l’intégration bureaucratique rapide, qui peut poser des problèmes. L’intégration dans les plus brefs délais d’élèves arrivant d’Ukraine est un défi qu’il n’est pas toujours facile à gérer notamment si les effectifs sont déjà élevés», ajoute David Rey, président du SER.
Répartition dans les régions
Le dialogue pour désamorcer
Xavier Fernandez (XFZ) est journaliste pour la rubrique Suisse/Régions de 20 minutes depuis 2018. Il aime le journalisme local, le terrain et la proximité avec les lecteurs.
