Vote par correspondanceFribourg ne veut pas offrir le timbre à ses citoyens
Le Conseil d’État se prononce contre la gratuité du renvoi du matériel de vote par la Poste. Trop cher pour peu de résultats, estime-t-il.

Le Conseil d’État fribourgeois ne veut pas payer pour que les électeurs puissent renvoyer leurs bulletins de vote par la Poste sans payer le timbre. Il a annoncé lundi s’opposer à une proposition de deux élus – l’un PLR et l’autre UDC – qui devra être traitée par le Grand Conseil. À l’heure actuelle, seul le canton de Genève, en Suisse romande, octroie la gratuité du vote par correspondance, tout comme plusieurs cantons alémaniques, dont Zurich et Bâle-Ville.
Selon le gouvernement fribourgeois, rien ne prouve que la mesure permettrait de convaincre des gens qui ne votent pas à le faire. Une étude affirme que le taux de participation est boosté de 2% environ quand le renvoi du bulletin est gratuit ce qui, dans des scrutins serrés, n’est pas négligeable. Mais à Fribourg, c’est spécial, affirme le Conseil d’État. «Il s’avère qu’un nombre particulièrement élevé de votes anticipés ont lieu non par correspondance postale, mais bien par dépôt à la commune, soit au guichet, soit dans la boîte extérieure destinée à recevoir le matériel de vote», écrit-il dans sa prise de position.
Parcimonie avec les dépenses
En fait, parmi les gens qui votent avant le dimanche du scrutin, seuls 26% utilisent les services de la Poste. Les trois quarts restants amènent leur enveloppe eux-mêmes. Et plus le district est rural, plus le dépôt est autonome. Plus on est dans les villes, plus la Poste s’en charge (lire encadré). «La prise en charge du port pour les élections et votations par l’État n’aura pas l’effet attendu», estime le gouvernement.
Selon les estimations, pour le canton de Fribourg, la mesure coûterait environ 130’000 francs par an. «Animé par la volonté d’engager l’argent du contribuable pour des mesures réellement efficaces, le Conseil d’État estime la solution proposée disproportionnée par rapport au résultat escompté», conclut-il.
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Yannick Weber (ywe) est chef de rubrique Suisse/Régions chez 20 minutes où il travaille depuis 2017. Ses domaines: politique, économie et consommation.
