GenèveDeux adultes dans chaque classe en début de scolarité
La nouvelle cheffe de l’Instruction publique genevoise veut intégrer les élèves à besoins particuliers dans l’enseignement régulier lors des deux premières années.

«Donner la chance à un maximum d’enfants d’avoir une scolarisation régulière dans un établissement de leur quartier.» C’est l’un des buts du plan d’action présenté mardi par la conseillère d’Etat Anne Hiltpold, la nouvelle cheffe du Département de l’instruction publique, pour les prochaines rentrées. Face à la hausse du nombre d’élèves à besoins spécifiques, et après «les ratés de la rentrée 2023» où certains d’entre eux n’ont pas pu être immédiatement scolarisés par manque de place, la magistrate PLR veut garantir et améliorer leur accueil, en particulier en début de scolarité, en les intégrant dans l’école régulière.
Miser sur les premières années
Constatant l’insuffisance du système actuel, où les enfants à besoins spécifiques sont orientés avant le début de la scolarité vers des classes ou structures spécialisées, Anne Hiltpold veut miser sur les premières années, soit en 1P et 2P. «Il y a un intérêt à investir dans ces âges-là, a-t-elle déclaré. C’est un pari, mais je crois que cela en vaut la peine, car un enfant qui part en enseignement spécialisé le reste.» Selon un rapport du Service de recherche en éducation, le taux de retour de l’enseignement spécialisé à l’enseignement régulier est en effet de 6% aujourd’hui contre 12% en 1991. Un échec aux yeux de la nouvelle magistrate: «On a mis beaucoup de moyens, on a voulu beaucoup inclure, mais on n’a pas réussi», a-t-elle résumé des précédentes législatures, où le maître-mot était l’école inclusive, terme aujourd’hui quasiment tu, au profit d’une «école qui répond aux besoins de tous».

Plus de 90 nouveaux postes prévus
Durant les deux premières années d’école, il est ainsi prévu que deux adultes, soit un enseignant accompagné d’un éducateur spécialisé ou d’un assistant socio-éducatif, soient présents en classe. Une «co-intervention» qui sera déployée progressivement. Des moyens supplémentaires en personnel sont prévus avec 94 nouveaux postes. L’accès à l’éducation précoce spécialisée individuelle et à l’enseignement spécialisé sera réservé aux enfants de 4 à 6 ans avec les besoins les plus importants.
Augmenter les classes spécialisées
A moyen terme, c’est-à-dire durant les rentrées 2025-26 et 2026-27, il s’agira notamment d’augmenter le nombre de classes spécialisées dans les écoles primaires. Aujourd’hui, seules 31 sur 167 en comptent. «On veut en créer dans chaque établissement, mais il y a des problèmes d’infrastructures, on va en discuter avec les communes», a annoncé la cheffe du DIP. De plus, «on doit retravailler et fixer des critères pour mieux orienter les enfants», notamment avec une entrevue, «car parfois une mesure est prise seulement sur formulaire.» En outre, le DIP prévoit de renforcer la collaboration entre enseignants et thérapeutes et de mettre en place un plan de formation continue pour le personnel concerné. «Il faut donner les moyens à l’enseignement spécialisé pour s’assurer que ces élèves seront bien pris en charge.»
Léonard Boissonnas travaille à la rédaction de 20 minutes depuis 2012. Il est notamment passé par la rubrique web, avant de rejoindre la rubrique genevoise en 2018.
