Vaud«Lorsque mon fils a atteint sa majorité, j’ai pris cher!»
Le Canton ne peut rien faire pour défiscaliser les pensions versées par les parents divorcés lorsque leurs enfants sont majeurs. Le dossier doit être traité au niveau fédéral.

Déductibles aux impôts lorsque les gosses sont mineurs, les contributions d’entretien versées par un parent à celui qui en a la garde ne le sont plus quand les enfants deviennent majeurs. Une injustice selon Stéphane Jordan qui souhaitait y remédier. L’élu UDC avait adressé en ce sens un postulat au Grand Conseil. Ce principe étant soumis à une loi fédérale, le Canton n’a pas pu entrer en matière, mardi. Stéphane Jordan, a, à contrecœur, dû se résoudre à retirer son postulat. Il a promis de charger la nouvelle délégation vaudoise à Berne de remettre le dossier à l’ordre jour fédéral. Cette problématique a, par le passé, déjà fait l’objet de trois interventions au niveau national. Toutes ont été rejetées. Mais le renforcement de la droite aux chambres pourrait désormais changer la donne. Papa divorcé, Jean* verrait cela d’un bon œil.
«La personne qui s’occupe de ma déclaration d’impôt ne m’avait pas averti de cette subtilité. Lorsque ma fille est devenue majeure, le problème est passé sous les radars. Mais lorsque mon fils, deux ans plus jeune qu’elle, a, à son tour atteint sa majorité, j’ai pris cher!» se remémore l’homme. Un courrier de l’administration fiscale lui a servi de rappel à la loi. Et la douloureuse qui a suivi la demande de renseignements a plongé le quinquagénaire dans une quasi-précarité.
«J’avais tout à coup un mois pour m’acquitter d’une somme de 5500 francs, que je n’avais pas budgétée, explique ce gestionnaire de stock avant de détailler: j’ai obtenu de pouvoir régler cette facture en trois tranches. J’ai réglé la dernière tranche avec mon treizième salaire dont je me servais habituellement pour payer d’autres charges. Il m’a fallu une année et demie pour me remettre à flot. Durant cette période, je me suis serré la ceinture à outrance. J’ai renoncé à l’écrasante majorité de mes loisirs. Depuis, je continue de les limiter strictement», témoigne Jean.
*Prénom d’emprunt.
Pas d’âge limite
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Marc Fragnière est un journaliste affecté à la rubrique Régions de 20 minutes depuis janvier 2022.
