Renovate SwitzerlandLa police face aux activistes: entre intransigeance et tolérance
Selon les villes où sont organisées les manifestations et les ambitions des militants climatiques, les forces de l’ordre n’ont pas la même attitude envers ces derniers.

«On informe la police de la marche lente 24 heures avant que celle-ci n’ait lieu, mais les forces de l’ordre ne respectent pas toujours le droit de manifester. Leurs réactions sont différentes d’un endroit à un autre. Ça dépend aussi des autorités politiques», constate Cécile Bessire, porte-parole de Renovate Switzerland. Après Lausanne et Sion (VS) la semaine dernière, les militants écologistes, qui paralysent le trafic routier pour protester face à l’urgence climatique, ont organisé mercredi une marche lente à Fribourg. Pour le mouvement citoyen, ce type d’action symbolise la lenteur du gouvernement en matière de politique climatique.
Initiée à 17h dans les rues de Fribourg, la manifestation du jour s’est déroulée sans accroc. «Il n’y a même pas eu un coup de klaxon», explique une représentante de la police cantonale. Les activistes ont été accompagnés «à titre préventif, pour assurer leur sécurité et éventuellement gérer le trafic» par les forces de l’ordre, tout au long de la marche. Un contrôle d’identité a tout de même été effectué, rapporte Renovate Switzerland.
Bien qu’à Lausanne, la manifestation de mercredi dernier n’était pas autorisée, la police municipale a laissé faire. Contrairement aux forces de l’ordre de la ville de Zurich qui, le lendemain, ont stoppé net des activistes dans leur démarche et contrôlé leurs identités. Alors selon quels critères tolère-t-on ou non ces manifestations?
La police de Zurich explique que l’action qui était vouée jeudi à perturber un axe routier principal de la ville n’était pas autorisée. «Les activistes ont été informés que cela ne serait pas toléré à cet endroit. Malgré cela, une douzaine de personnes ont gagné la chaussée et les forces de l’ordre sont intervenues», détaille le répondant presse, Marc Surber.
Principe de proportionnalité
Alors que les agents sédunois s’étaient montrés fermes cet été, samedi, ils ont suivi le principe de la proportionnalité. «L’usage de la force pour interdire la manifestation n’était pas proportionnel. On a laissé faire les militants, tout en leur imposant des règles. Et elles ont été suivies», rapporte Bernard Sermier, commandant de la police régionale à Sion. Bilan: pas d’incident et pas d’impact majeur sur la circulation au centre-ville. Mais «un sit-in ou des mains collées sur le bitume n’auraient pas été tolérés», complète le commandant.
Lauren von Beust (lvb) est journaliste à 20 minutes depuis 2019 pour la rubrique Suisse/Régions. Elle a un faible pour la chronique judiciaire et les sujets animaliers.
