Santé: Vers un chewing-gum pour aider à perdre du poids

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SantéVers un chewing-gum pour aider à perdre du poids

La chercheuse Maria Luisa Balmer a reçu le prix Marie Heim-Vögtlin 2023 du Fonds national suisse pour ses travaux sur les bactéries intestinales et leur rôle dans l’obésité.

De l’espoir pour les personnes souffrant d’obésité! Elles pourront peut-être un jour mâcher un simple chewing-gum pour les aider à perdre du poids. Il s’agit d’un chewing-gum spécial, enrichi en fibres alimentaires solubles, qui améliorera leur métabolisation intestinale tout en réduisant leur envie de grignoter. C’est en tout cas ce à quoi travaille Maria Luisa Balmer, spécialiste en médecine interne à l’Inselspital et cheffe de groupe de recherche à l’Université de Berne. Des travaux qui viennent d’être couronnés du prix Marie Heim-Vögtlin 2023 du Fonds national suisse (FNS).

La chercheuse et son équipe analysent actuellement l’effet de ces fibres alimentaires dans le cadre d’une étude clinique rassemblant plus de 100 enfants ayant un fort excès pondéral. Les scientifiques ont développé le «FibreGum» – qui ressemble en tout point à un chewing-gum classique à la menthe – en partenariat avec la Migros. «On espère que cette idée inédite permettra de favoriser précisément les bactéries intestinales bénéfiques pour aider les plus jeunes à perdre du poids», explique Maria Luisa Balmer.

Des souris sans bactéries

En effet, la scientifique est une spécialiste dans l’étude des bactéries intestinales et leur rôle dans l’obésité. «On sait depuis longtemps que la flore intestinale joue un rôle important dans le surpoids», rappelle-t-elle. Mais de quelle manière? Pour le savoir, elle travaille également avec des souris dépourvues de bactéries dans une installation unique au monde. «Sur ces animaux, nous pouvons étudier l’influence d’un type de bactérie à la fois», explique-t-elle.

Ainsi, Maria Luisa Balmer a pu identifier cinq types de bactéries qui rendaient les souris plus sujettes au surpoids. Elle doit désormais analyser quels sont les métabolites bactériens responsables et leur influence sur le système immunitaire.

Le taux d’obésité a doublé en Suisse

En Suisse, entre 1992 et aujourd’hui, la proportion des adultes souffrant d’obésité a plus que doublé passant de 5 à 11%. En y ajoutant ceux en surpoids, 42% des adultes et environ 15% des enfants sont concernés par l’excès pondéral, selon le Centre de l’obésité des HUG, à Genève. La situation est pire en Europe, avec 15 à 20% de personnes obèses. Un chiffre qui a doublé depuis 1980, selon l’OMS. Outre les conséquences sanitaires (diabète, hypertension) et sociales (stigmatisation, harcèlement), surpoids et obésité ont aussi un impact financier: les coûts directs de leur traitement (médicaments, conseils nutritionnels, chirurgie) s’élèvent à 77 millions de francs par an en Suisse et ceux des maladies qui leur sont directement imputables 8 milliards.

Christine Talos (cht) est journaliste au sein de la rubrique Suisse/Régions depuis 2011. Son domaine de prédilection est la politique suisse.

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