Suisse romandeBubble teas aux «mélanges douteux et additifs scabreux»
Certaines enseignes romandes s’accordent des libertés dans la fabrication de cette boisson à la mode et prisée des jeunes. La Fédération romande des consommateurs alerte.
Les jeunes en raffolent. Le bubble tea, d’origine taïwanaise, est un véritable phénomène dont le marché mondial pesait plus de 2 milliards de francs en 2019. La Fédération romande des consommateurs (FRC) a testé dix échantillons, achetés dans divers points de vente romands. La boisson best-seller «Brown Sugar», composée de thé noir, lait, cassonade de sucre de canne et boules de tapioca (ou équivalent), a été passée au crible.
D’après les résultats des analyses révélés jeudi, de nombreuses enseignes remplacent ces ingrédients par des «mélanges douteux» et sirops industriels. Quatre des dix échantillons contenaient des «additifs scabreux», réputés pour causer des réactions allergiques respiratoires et cutanées (acide benzoïque), ou accusés de perturber la croissance et de provoquer l’hyperactivité (colorant jaune). De quoi chuter dans le classement. «Nous travaillons actuellement avec plusieurs fournisseurs européens pour trouver des options bios, sans conservateurs, qui pourraient être disponibles d’ici à un an, un an et demi», a révélé une des enseignes pointées du doigt.
Recette pas toujours respectée
Dans certains bubble teas analysés, on trouvait aussi d’importantes quantités de sucre et de théine, parfois autant que dans deux canettes de Red Bull. Une autre marque déclare que les alternatives sont parfois difficiles à trouver et peuvent être coûteuses, voire modifier le goût de la boisson. L’enseigne concède que «le bubble tea est un plaisir doux, dont il ne faut pas abuser». Mais cette dernière propose néanmoins à ses clients de choisir la quantité de sucre souhaitée.
D’autres magasins ne respectent pas les molécules de base que sont la théine, le lactose et le saccharose. L’un d’eux explique avoir évincé la théine, «pour une alternative saine et sans danger». Avant d’ajouter: «Nos produits ont été soumis à l’autorité suisse de contrôle des denrées alimentaires, et ceux-ci ont été jugés conformes aux normes de sécurité et de qualité.»
«Ça reste une friandise»
Lauren von Beust (lvb) est journaliste à 20 minutes depuis 2019 pour la rubrique Suisse/Régions. Elle a un faible pour la chronique judiciaire et les sujets animaliers.
