EPFL et UNIL: des étudiants encore sans logement après la rentrée

Actualisé

VaudDes étudiants en quête de toit, désespérément

Une semaine après la rentrée, des étudiants sont sans solution durable pour se loger. Les structures d’aide tirent la sonnette d’alarme.

Certains, à bout de forces, s’endorment pendant les cours.
Certains, à bout de forces, s’endorment pendant les cours.Getty Images

Une femme à bout de forces qui s’endort au milieu des livres dans une bibliothèque… «Kristina, future docteure en médecine, se repose là car elle ne trouve pas de logement.» C’est par une image et une formule-choc que l’UNIL et l’EPFL ont lancé leur campagne pour montrer que la pénurie de logements est une réalité et non «une histoire à dormir debout». Le but est d’aider les 6000 nouveaux étudiants des deux institutions à trouver un toit.

Le bâtiment du Vortex, qui abrite 1000 étudiants sur le campus, n’a fait qu’atténuer la pénurie. «Ça a donné un bol d’air. Mais, malheureusement, l’offre en logements n’augmente pas aussi vite que le nombre d’étudiants», constate Daniel Chuard, de l’EPFL. «Nous allons accroître notre parc immobilier, avec notamment un bâtiment de 776 lits à la Bourdonnette. Actuellement, nos 4000 chambres sont occupées», relève Yves Ferrari, directeur de la Fondation Maisons pour étudiants Lausanne (FMEL). «Le Canton va continuer à soutenir la FMEL pour étoffer l’offre», a rassuré Melaine-Noé Laesslé, de la Direction générale de l’enseignement supérieur.

Après avoir accueilli les athlètes des Jeux olympiques de la jeunesse en 2020, le bâtiment du Vortex sert désormais de structure d’hébergement à un millier d’étudiants.
Après avoir accueilli les athlètes des Jeux olympiques de la jeunesse en 2020, le bâtiment du Vortex sert désormais de structure d’hébergement à un millier d’étudiants.DR

Membres à reloger et liste d’attente

«Même des étudiants issus de familles aisées peinent à trouver un toit à cause de la pénurie», constate l’Association pour le logement des jeunes en formation (ALJF). Cette structure établit des «contrats de confiance» avec les propriétaires de bâtiments provisoirement inoccupés. Du gagnant-­gagnant: l’association met le bien à disposition des étudiants et le propriétaire n’a ni charges d’entretien ni risque de voir son bien squatté. Mais, tributaire de la vente ou de la rénovation des bâtiments, ­l’ALJF fait face à plusieurs fins de contrat. «Nous allons perdre plus de 30 chambres d’ici à décembre et 20 au printemps 2024. Soit 50% de nos places. Tous ces étudiants sont à reloger alors qu’il y en a 50 en liste d’attente», alerte ­l’ALJF.

Formation plus longue et plus diversifiée

En 1992, pour 587’000 habitants, Vaud comptait 4262 logements vacants. En 2023, avec près de 250’000 âmes supplémentaires, le troisième canton de Suisse a le même nombre de logements vacants qu’il y a plus d’un quart de siècle. D’autre part, alors que la pénurie de logements s’installe durablement, les temps et les types de formation se sont rallongés et diversifiés. Dans un contexte de marché immobilier tendu, pour les étudiants, cela complique davantage l’accès à un toit.

Séjour à l’hôtel pour étudiante étrangère

Inscrite en sciences de la vie à l’EPFL, une étudiante tunisienne a déchanté. À son arrivée en Suisse, elle a appris que la chambre qu’elle devait louer en septembre ne serait disponible qu’à la mi-novem­bre. Après une dizaine de jours dans un hôtel pour plus de 100 francs la nuit, déçue et triste, avec l’accord de ses parents, la jeune femme de 19 ans est retournée en Tunisie, la veille de la rentrée. «La situation devenait intenable financièrement», selon un proche. Mais, grâce à un post sur les réseaux sociaux, l’étudiante a trouvé une chambre à Rolle (VD). Elle est revenue en Suisse jeudi.

Ne ratez plus aucune info

Pour rester informé(e) sur vos thématiques préférées et ne rien manquer de l’actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque jour, directement dans votre boîte mail, l’essentiel des infos de la journée.

Ton opinion

409
229
214
Marquer
229 commentaires