Mort annoncée de l’AVS«UBS fait un bashing de l’AVS pour servir ses intérêts»
Dans une étude récente, UBS a annoncé que, sans grands changements, l’AVS n’était pas viable à long terme. Un discours qui exaspère le socialiste Pierre-Yves Maillard, conseiller aux États vaudois.

«La démographie ne sauvera pas l’AVS»: c’est ce que conclut un rapport publié jeudi par UBS au sujet de l’avenir du premier pilier. Pour en arriver à ce résultat, la banque a évalué l’évolution de trois facteurs ayant un «impact significatif sur le financement de la prévoyance vieillesse», à savoir la fécondité, l’espérance de vie et l’immigration.
Selon les prévisions de l’Office fédéral de la statistique, le taux de natalité et le nombre d’immigrés en Suisse devraient progresser au cours des prochaines années. Deux données qui jouent en la faveur du financement de l’AVS. Cependant, dans la balance des forces, le vieillissement de la population l’emporte, selon l’étude menée par UBS. «Pour financer durablement l’AVS à long terme et répartir la charge de manière plus générationnelle», il serait donc nécessaire de prendre des mesures, comme l’adaptation de l’âge de la retraite, la limitation de l’augmentation des rentes ou la hausse des cotisations, explique cette dernière.
«L’AVS a 75 ans et 50 milliards de fortune»
Pour le socialiste vaudois Pierre-Yves Maillard, ces affirmations sont clairement orientées: «UBS fait depuis vingt ans un bashing systématique de l’AVS pour servir ses propres intérêts. La seule chose que veut faire cette banque avec ce genre d’étude, c’est apeurer la population pour vendre des plans d’épargne, car pour elle l’AVS, ce sont des parts de marché en moins.» Et de poursuivre par un tacle: «UBS devrait s’occuper de sa propre survie plutôt que de celle de l’AVS, parce que ces dernières années on a connu plus de faillites de banques que de problèmes avec notre système de prévoyance.»
Pierre-Yves Maillard se dit donc totalement serein concernant l’avenir du premier pilier. «L’AVS a 75 ans et 50 milliards de fortune», argue-t-il, rappelant que l’augmentation de l’espérance de vie et la baisse de la natalité sont des problèmes auxquels ce système fait déjà face depuis des années, avec réussite. Et, en cas de force majeure, «il est toujours possible d’augmenter modérément les cotisations.» Sur ce dernier point, au moins, le socialiste tombe d’accord avec UBS.
Samuel Bonvin (sbv) est journaliste au sein de la rubrique Suisse/Régions du 20 minutes depuis 2023. Il aime traiter de politique, de jeux vidéo et de musique.
