Immobilier: Les jeunes rêvent d’être proprios, mais les boomers s’accrochent

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ImmobilierLes jeunes rêvent d’être proprios, mais les boomers s’accrochent

Le taux de propriété est plus élevé chez les personnes âgées, mais elles sont très peu disposées à vendre, relève une étude. Le marché de l’immobilier devrait peu changer ces prochaines années.

Les prix de l’immobilier en propriété sont peu susceptibles de baisser drastiquement ces prochaines années.
Les prix de l’immobilier en propriété sont peu susceptibles de baisser drastiquement ces prochaines années.20min/Simon Glauser

Acheter son propre logement, par les temps qui courent, c’est une chimère pour de nombreux jeunes actifs. Sauf, peut-être, s’il s’agit de reprendre le logement familial. Et ça, en général, c’est au moment du décès des parents, car ceux-ci sont très peu disposés à déménager de leur vivant. C’est ce qui ressort d’une étude de la Haute École des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) publiée en octobre. Celle-ci a cherché à savoir notamment si les Suisses étaient disposés à déménager et s’ils rêvaient d’accès à la propriété.

Une des clés pour que les prix de l’immobilier baissent et que les jeunes puissent acheter un bien, ce serait que l’offre surpasse la demande. Or ce n’est pas le chemin qui est pris, constate la ZHAW. «Les personnes n’ayant pas l’intention de déménager occupent leur logement depuis relativement longtemps déjà et comptent bien y rester, pour la moitié d’entre elles jusqu’à la fin de leurs jours», lit-on dans le rapport.

Peu d’espoir chez les jeunes

Et quand elles meurent, il ne faut pas trop espérer que la maison familiale finira à la vente. «La plupart des propriétaires n’ayant pas l’intention de déménager souhaitent que leurs enfants reprennent leur logement ou en disposent librement après leur décès», remarque l’étude.

Il ne faut pas blâmer les baby-boomers, estime Fredy Hasenmaile, économiste à la Raiffeisen, dans la «NZZ» de ce lundi. Outre le stress lié à un déménagement, il y a des questions financières évidentes. Les personnes concernées sont, en moyenne, plus avancées dans le remboursement de leur hypothèque que les jeunes propriétaires. Si elles renoncent à la propriété pour devenir locataires, elles vont souvent payer plus cher.

Dans de nombreux cas, malgré tout, des logements arriveront sur le marché. Or, selon des spécialistes, la pression migratoire fera que la demande sera toujours aussi forte et qu’une baisse marquée des prix est assez peu probable à court terme.

Une question de taille

La ZHAW a demandé aux Suisses s’ils étaient prêts à déménager pour aller dans des logements plus petits que ceux qu’ils occupent actuellement, ce qu’on nomme le downsizing, puisqu’il a été constaté que, en moyenne, chaque Suisse a une surface habitable bien plus grande que par le passé. C’est parmi la population la plus âgée que la volonté de le faire est la plus élevée. Mais ce n’est pas suivi d’effet. «Il y a un écart entre intention et action: même s’il existe une disposition à déménager, on observe une certaine inertie en la matière, si bien que l’intention n’est pas toujours concrétisée», note l’étude.

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Yannick Weber (ywe) est chef de rubrique Suisse/Régions chez 20 minutes où il travaille depuis 2017. Ses domaines: politique, économie et consommation.

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