Rachat de Credit SuisseLes employés de banque exigent un bon plan social
L’Association suisse des employés de banque, épaulée par l’USS, exige le gel des licenciements jusqu’à fin 2023 et la mise sur pied rapide d’une task force pour aider les employés à se reconvertir et trouver un emploi.

«Ce n’est pas aux travailleurs de payer pour les fautes des managers de la banque et des autorités». Telle est la position de l’Union syndicale suisse (USS) et de l’Association suisse des employés de banque (ASEB) qui ont tenu mardi une conférence de presse commune après le rachat éclair de Credit Suisse par UBS.
«Les deux banques ont le devoir d’éviter des coupes brutales dans les postes de travail. L’enjeu est colossal pour les 17’000 employés de CS en Suisse», ont rappelé les deux syndicats. «Directement ou indirectement, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui sont potentiellement menacés», ont-ils ajouté dans un communiqué commun alors qu’une pluie d’actions en justice se profile.
L’USS a fustigé «les responsables à la Confédération et à la Banque nationale», d’avoir «jeté de la poudre aux yeux de la population en prétendant avoir réduit les problèmes des banques d’importance systémique». Et de rappeler que «les perdants sont la population et les employés de CS qui, jour après jour, accomplissent consciencieusement leur travail pour que le pays fonctionne».
Task force et plan social exigés
Concrètement, l’ASEB a réitéré sa demande de mise sur pied d’une task force d’ici fin mars pour prendre rapidement des mesures fortes contre des coupes massives qui auront inévitablement lieu dans le secteur bancaire. «C’est par le droit d’urgence que le Conseil fédéral a rendu possible le rachat du CS. Ce droit d’urgence doit aussi s’appliquer au personnel, et pas seulement pour la bourse et les banques», a indiqué Natalia Ferrara, directrice du syndicat.
L’ASEB exige donc que les banques limitent au maximum les suppressions d’emploi et gèlent les licenciements jusqu’à fin 2023. Tous les collaborateurs concernés doivent en outre bénéficier d’un soutien aussi efficace que possible pour trouver un nouvel emploi le plus rapidement possible. «Il faut qu’UBS fasse un effort pour les aider, par exemple en leur proposant des reconversions généreuses et des conseils de carrière pour renforcer leur employabilité», a demandé Natalia Ferrara.
Elle réclame aussi un plan social qui protégerait particulièrement les plus de 55 ans ainsi que ceux pour qui la recherche d’emploi est particulièrement difficile. L’ASEB veut en outre privilégier, dans la mesure du possible, les retraites anticipées compensées financièrement.
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Christine Talos (cht) est journaliste au sein de la rubrique Suisse/Régions depuis 2011. Son domaine de prédilection est la politique suisse.
