Les femmes non mariées travaillent plus mais quand même pas assez

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Retraite et couplesLes mères non mariées travaillent plus… mais quand même pas assez

Une étude montre que ce sont les mères concubines qui ont le plus à craindre pour leur retraite, malgré leur taux d’occupation plus élevé que les mères mariées.

Frühlingsstimung an der Zürcher Seepromenade Foto: 20 min/Celia Nogler
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Foto: 20 min/Celia Nogler
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Elles savent que ça risque d’être galère, mais elles ne réagissent pas assez. Tel est, de façon un peu caricaturée, un des constats d’une étude de Swiss Life parue mercredi sur les impacts des formes de vie et du taux de travail sur la retraite. Une comparaison est faite entre les mères en couple mariées et celles en concubinage. Parmi les points notés: ces dernières ont en général un taux de travail plus élevé que chez les mères mariées.

Et pourtant, cela ne suffit de loin pas à combler le «gender gap», c’est-à-dire la différence de revenus qui existera à la retraite entre hommes et femmes. «La population est majoritairement consciente de l’existence de ce gap», a constaté Swiss Life. Et pourtant, «notre étude montre que seule une minorité de femmes (37%) et d’hommes (41%) se penche vraiment sur les conséquences qu’a leur taux d’occupation sur leur prévoyance vieillesse».

Même en travaillant plus, la retraite sera difficile

Deux scénarios ont été étudiés pour établir une comparaison. Dans les deux, le couple se sépare à 45 ans. L’homme travaille à temps complet toute sa carrière, la femme à 60% puis passe à 80% trois ans après la séparation. Si le couple était marié, la femme aura à sa retraite, chaque mois, des rentes inférieures de 494 francs à celles de son ex-mari. Si le couple n’était pas marié, la différence passe à 977 francs par mois (toujours en défaveur de la femme). Logique: la mère qui était mariée va toucher une partie des cotisations de son ex-mari versées pendant que durait l’union sacrée, tandis que la concubine n’aura que dalle.

Le nombre de personnes que cela concerne ne cesse d’augmenter en Suisse, et rapidement. «En 2022, environ 20% des couples avec enfant de moins de 5 ans n’étaient pas mariés, contre un peu plus de 10% en 2010», note Swiss Life. Le taux d’activité moyen des mères non mariées est de 58%, contre 45% pour les mères mariées. Mais l’étude ne parvient pas à dire si la différence résulte de la conscience qu’ont les concubines du fait qu’elles risquent gros en cas de séparation.

Pas que l’argent qui compte

Swiss Life s’est penché, dans son sondage, sur les raisons qui font que les couples ne se marient pas alors même qu’ils ont des enfants. Les résultats montrent que les raisons financières ne sont que le cadet des soucis de nombreux couples. Près de 6 sondés sur 10 ont répondu n’avoir «pas besoin de se marier pour que ça marche». L’argent arrive ensuite, avec 35% des personnes qui disent que les hausses d’impôts après le mariage les retiennent de faire ce choix. Il y a aussi 20% des personnes qui disent que le mariage est vieux jeu. Enfin, les couples sont raccords. Seulement 13% des sondés disent vouloir se marier, mais pas leur partenaire.

Yannick Weber (ywe) est chef de rubrique Suisse/Régions chez 20 minutes où il travaille depuis 2017. Ses domaines: politique, économie et consommation.

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