Suisse: Pesticides et tumeurs chez les enfants: l’OFSP nuance

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SuissePesticides et tumeurs chez les enfants: l’OFSP tempère

Une étude a révélé que les enfants de deux régions agricoles ont plus de risques de développer une tumeur du cerveau. La Confédération reste prudente sur les causes réelles de ces cancers.

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Image d’illustration.Getty Images/iStockphoto

Une étude publiée il y a trois ans avait montré que les enfants habitant dans les régions du Weinland (ZH) et du Seeland (BE) avaient clairement plus de risques de développer une tumeur. Des chiffres sur les cas effectivement recensés sur 30 ans allaient dans ce sens. Sans pouvoir l’affirmer avec certitude, les scientifiques penchaient pour une influence des pesticides dans ces deux régions agricoles.

La Confédération a pris ces chiffres au sérieux. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a décortiqué l’étude dès l’été 2022. Lothar Aicher, qui dirige le groupe d’experts chargé d’évaluer ces résultats, s’est exprimé cette semaine dans le «Tages-Anzeiger». S’il ne réfute pas le sérieux et la qualité de l’étude, il se montre prudent quant à son interprétation.

Hasard statistique?

D’une part car des données sont manquantes pour prouver qu’un environnement où des pesticides sont très utilisés provoque directement des cancers chez les enfants. D’autre part car les tumeurs cérébrales infantiles restent très rares. «Un cas en plus peut déjà entraîner le doublement du résultat», explique le chercheur. Ainsi, les écarts significatifs entre régions pourraient être liés uniquement à un hasard statistique, prévient-il. Cette hypothèse est renforcée par le fait qu’«il y a d’autres régions en Suisse qui utilisent autant de pesticides et où l’on ne voit pas de telles anomalies» statistiques, poursuit Lothar Aicher.

Le scientifique ajoute qu’à l’heure actuelle, aucune étude, même internationale, ne se penche spécifiquement sur l’effet des pesticides sur les enfants. La recherche sur les cancers provoqués par des substances chimiques est difficile, estime le spécialiste. Selon lui, mis à part pour le tabac et la radioactivité où la relation de cause à effet a été clairement établie, les humains sont confrontés à tellement de substances qu’il devient compliqué d’en isoler une seule pour expliquer l’apparition de maladies. L’OFSP préconise d’élargir les études à l’avenir pour mieux comprendre les effets à long terme d’une multitude de produits sur notre santé. «Mais il faudra des décennies avant d’en arriver là» d’après lui.

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(jba)

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