Neuchâtel«Des corbeaux griffaient et piquaient les gens à coups de bec»
Mi-mai, des badauds ont été attaqués par un couple de corvidés aux Jeunes-Rives, en soirée. Malgré le signalement, les gardes-faune ne sont pas intervenus.

«Un jeune corbeau probablement tombé du nid se trouvait au pied d’un conteneur à bouteilles, et les parents attaquaient en piqué les passants qui se promenaient à proximité. Les corbeaux adultes se posaient carrément sur la tête des gens, les griffaient et les piquaient à coups de bec. Plusieurs des victimes se sont regroupées vers le Kiosk-Art pour prévenir les promeneurs et leur éviter de subir le même sort», indiquait un lecteur neuchâtelois qui s’était baladé au bord du lac de Neuchâtel, aux Jeunes-Rives.
Le signalement aurait dû être suivi d’une intervention
Dans son message, l’homme précisait encore: «Contactée, la permanence du service de la faune nous a déclaré se trouver dans son local, au Locle, et ne pas pouvoir intervenir rapidement. Elle nous a également rassurés au sujet des suites possibles concernant la grippe aviaire.»
L’apathie du service de la faune interroge au sein de l’association BirdLife. «C’est quand même leur job d’intervenir dans ces cas! Je ne dis pas que les gardes-faune doivent se déplacer pour chaque moineau tombé du nid, mais lorsqu’il y a un problème d’agression des passants, il faut sécuriser la zone», juge Eva Inderwildi, du service de la communication de l’association suisse pour la protection des oiseaux.
«Dans de telles circonstances, les gardes-faune ont pour pratique de se rendre sur place pour fournir un appui, consent Christophe Noël, le chef du Service de la faune, des forêts et de la nature du Département du développement territorial et de l’environnement neuchâtelois. Dans le cas qui nous occupe, le garde-faune de permanence a bien été sollicité. Il n’a malheureusement pas pu se déplacer sur les lieux, étant retenu par une autre intervention prioritaire», précise-t-il.
Selon Eva Inderwildi, les corvidés en question sont sans doute des corbeaux freux: «Contrairement aux corneilles qui nichent en couple et sur un territoire qui leur est propre, les corbeaux freux nichent en colonie, souvent en ville. Dès lors, leurs petits se retrouvent plus facilement par terre (ndlr: en raison de l’agitation permanente autour des cimes des arbres).»
Pour Chloé Pang, chargée de presse à Vogelwarte, il s’agit soit de corbeaux freux, soit des corneilles noires, au vu de l’habitat. Selon elle: «Le comportement évoque plutôt des corneilles noires. La situation décrite correspond à un des petits qui aurait quitté le nid trop tôt, avant qu’il ne sache voler. Les corneilles noires le défendent contre des «ennemis» pénétrant sur leur territoire – les corneilles sont aussi réputées pour le zèle avec lequel elles chassent les rapaces de leur territoire quand elles ont des petits.»
Ce qu’il faut faire dans un tel cas
Marc Fragnière est un journaliste affecté à la rubrique Régions de 20 minutes depuis janvier 2022.
