Les milliardaires? Des héritiers plus que des entrepreneurs

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Parmi les clients d’UBSLes milliardaires? Des héritiers plus que des entrepreneurs

Pour la première fois, UBS note que les fortunes des milliardaires proviennent plus de l’héritage que du fruit de leur propre travail. Une tendance qui va s’accentuer.

À l’avenir, les sommes dont les enfants de milliardaires hériteront seront énormes.
À l’avenir, les sommes dont les enfants de milliardaires hériteront seront énormes.20 minutes/Marvin Ancian

L’esprit du capitalisme, c’est le mérite individuel, le travail, la responsabilité. Mais pour être milliardaire, de plus en plus, il suffit d’être le fils ou la fille de. C’est ce qui ressort de l’étude annuelle d’UBS sur les milliardaires, que la banque compte parmi ses clients. «Pour la première fois en neuf éditions du rapport, les milliardaires ont accumulé plus de richesses par héritage que par l’entrepreneuriat», note UBS. 

«C’est une situation que nous nous attendons à voir se développer davantage encore au cours des vingt prochaines années, alors que plus d’un millier de milliardaires vont transmettre environ 5200 milliards de dollars à leurs enfants», dit Benjamin Cavalli, responsable des clients stratégiques chez UBS Global Wealth Management, cité dans le communiqué de la banque. 

Un clash de générations

Le rapport et le sondage auprès des fortunés clients d’UBS montrent des tensions entre les générations. Un milliardaire d’un âge confirmé s’exprime ainsi, avant de transmettre son patrimoine à sa descendance: «Le principal problème avec la jeune génération, c’est de l’éduquer à être ambitieuse». 

La jeune génération, elle, ne veut toutefois pas se reposer sur ses lauriers et seulement aller se la couler douce à Dubaï. «Plus de deux tiers (68%) des milliardaires qui ont une fortune héritée disent qu’ils veulent prendre le relais et faire croître ce que leurs ancêtres ont accompli», note UBS. Après, reste à savoir de quelle manière.

Les jeunes ne sont, cela dit, pas toujours là pour faire du pareil au même par rapport à leurs parents, mais veulent souvent réorienter le business. «Alors que mon père était très impliqué dans le pétrole, le gaz et l’exploitation minière, j’essaie de diriger nos affaires vers des domaines liés à la tech qui ont moins d’impact sur l’environnement», dit un milliardaire héritier.

Européens plus fidèles

UBS a aussi sondé comment les héritiers des milliardaires se comportaient par rapport à ce que leur ont laissé leurs parents. Il ressort que les Européens sont ceux qui s’inscrivent le plus dans la continuité de leurs ancêtres (52,9%), tandis que 47,1% veulent réorienter les affaires. À l’inverse, en Asie, plus de deux tiers des héritiers milliardaires avouent qu’ils ne vont pas suivre le legs familial à l’identique. Du côté des Amériques, une légère majorité penche du côté de ne pas poursuivre les activités des parents de l’exacte même manière.

Yannick Weber (ywe) est chef de rubrique Suisse/Régions chez 20 minutes où il travaille depuis 2017. Ses domaines: politique, économie et consommation.

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