Odessa Young«J’utilise mon corps nu comme un costume»
Dans «Entre les lignes», Odessa Young interprète le rôle d’une femme de chambre qui a une liaison avec le fils d’un aristocrate.

Dans l’Angleterre du début des années 1920, une femme de chambre entretient une relation avec le fils d’un aristocrate sur le point de se marier avec une autre. «Entre les lignes» sort enfin au cinéma le mercredi 4 octobre 2023 plus d’un an après avoir été présenté aux festivals de Cannes et Toronto. L’Australienne de 25 ans donne la réplique à Josh O’Connor, découvert en prince Charles dans «The Crown».
Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce rôle de Jane, l’aide d’une riche famille aristocrate?
Le challenge de cette fille à la fois douce et rebelle. En rencontrant la réalisatrice, Eva Husson, j’ai réalisé que nous pourrions avoir une vraie collaboration. C’était fréquent sur le tournage que je lui propose mes idées et que nous ayons des discussions animées avant de tomber d’accord. Je n’ai pas peur de m’imposer (rire). C’est pour cela que je ne travaille qu’avec des artistes indépendants. Je veux garder ma liberté de créer.
Est-ce que la nudité fréquente a été un obstacle?
Pas du tout. J’utilise mon corps nu comme un costume. Le travail consiste à utiliser son corps pour compenser l’absence de dialogue à cet instant-là. D’ailleurs, ça n’est pas l’élément qui m’a marquée durant ce tournage. C’est la force et la vulnérabilité que je garde en mémoire car mon vrai job était d’incarner ces deux sentiments en même temps. La nudité et les scènes de sexe, je ne m’en souviens même plus!
Josh O’Connor incarne ce jeune aristocrate…
Je n’ai que des choses positives à dire sur Josh. C’est un grand gentleman et un excellent acteur. Il mérite tout le succès qu’il rencontre depuis qu’il a incarné le prince Charles dans «The Crown». J’ai d’ailleurs eu aussi d’excellentes discussions avec Olivia Colman, qui a également joué dans cette série. Elle m’a expliqué son point de vue à l’opposé du mien concernant la nudité puisqu’elle a toujours été contre ça.
«Entre les lignes» arrive au cinéma à travers l’Europe plus de deux ans après la fin de la production…
C’est drôle car j’ai du mal à me replacer dans ce film aussi longtemps après. Je suis heureuse qu’il soit enfin sur les écrans. À travers cette histoire d’amour vouée à l’échec, il y a cette notion d’abandon quand on sait qu’une relation ne peut se poursuivre à cause de la société et du poids des mentalités. L’action se passe en 1924, mais on peut en tirer des parallèles avec notre époque.