Eddy de Pretto«Remplir des salles de concert, c’est aussi une forme d’amour»
Le chanteur français Eddy de Pretto vient de sortir son troisième album, «Crash Cœur». Il surprend avec des mélodies plus enjouées et moins sombres.

On ne présente plus le Français de 30 ans. Depuis 2018 et son premier album, «Cure», Eddy de Pretto s’est fait une place au firmament de la musique francophone glanant au passage plusieurs nominations aux NRJ Music Awards ou aux Victoires de la musique. L’année 2023 marque son retour musical avec le disque «Crash Cœur», publié le 17 novembre, dans lequel il est question d’amour. Mais ne comptez pas sur Eddy, rencontré dans les locaux de 20 minutes à Lausanne, pour emballer le tout dans de la guimauve et des bons sentiments, même si ce disque est plus joyeux que les précédents.
Quel a été le point de départ de cet album?
Je voulais en faire un qui parle de la quête du bonheur, de la quête de l’amour. Je voulais de l’émotion, de l’intime. Je voulais marcher sur une corde sensible tendue entre le «megadown» et l’ultrapositif. Je voulais raconter cet entre-deux. J’y parle d’amour, sans être mièvre. Chez moi, les oiseaux ne font pas «cui-cui». Chez moi, l’amour est tordu, toxique. On se prend des murs. Oui, ça m’emmerde quand c’est trop rose.
Le registre est tout de même plus joyeux que par le passé…
Je dirais plus optimiste plutôt. J’ai eu envie de me renouveler. Je ne suis pas qu’un homme dépressif qui raconte des choses sombres. Je suis quelqu’un d’enjoué qui cherche à s’accrocher aux choses positives. C’est un travail minutieux que je fais au quotidien. Ce qui n’est pas évident pour moi qui ai tendance à voir davantage le négatif.
Sur «Être bien», vous dites que votre seul but dans la vie est d’être bien avec vous-même. C’est le cas aujourd’hui?
Malheureusement, je crois que ce n’est pas stable! Merde alors! (Rire) J’essaie d’installer des choses autour de moi qui peuvent me faire du bien pour tenter d’être au mieux.
Sur «Papa Sucre», vous évoquez avec humour un sugar daddy…
Oui. D’ailleurs, je viens le chercher ici à Lausanne (il éclate de rire)! Je me suis mis dans la position de celui qui en cherche un. J’aimais bien mettre en relation l’argent et l’amour. C’est un sujet qu’on traite peu dans la musique alors que ce sont des choses qui existent. Je connais des personnes autour de moi qui ont commencé une relation sur ce modèle-là. Certaines durent depuis dix ans maintenant.
Êtes-vous en manque d’amour comme vous le dites sur «Mendiant de Love»?
Je ne crois pas, même si on en a toujours besoin. Chercher à remplir des salles de concert, c’est aussi une forme d’amour.
2024 sera chargée avec la tournée, mais aussi avec l’émission «Popstars».
Plus il y a de choses dans mon agenda, mieux je me porte! Je suis ravi de cette grosse année. Il y aura aussi un tournage de film (ndlr: dont il ne peut rien dire pour le moment) qui me prendra énormément de temps. C’est important pour moi de me diversifier, comme dans «Popstars» (ndlr: où il sera dans le jury), de faire d’autres choses, qu’on me voie ailleurs. J’ajoute des cordes à mon arc.
Fabien Eckert est journaliste à 20minutes depuis 2011. Il est spécialisé dans la musique, mais il traite aussi des sujets culture, people ou télé.
