Salaire minimum (GE)Pas de hausse du chômage, sauf chez les jeunes
Une première évaluation du dispositif voté en 2020 au bout du lac montre qu’il n’y a pas eu d’impact significatif sur le nombre de chômeurs, à part légèrement chez les moins de 25 ans.

L’introduction du salaire minimum à Genève n’a pas entraîné de hausse du chômage, sauf chez les jeunes, légèrement. C’est ce qui ressort d’un premier rapport présenté jeudi sur cette mesure, acceptée à plus de 58% en septembre 2020 et en vigueur depuis le 1er novembre de cette année-là. Les opposants au projet craignaient notamment des pertes d’emploi. Mais il semble que la casse redoutée n’ait pas eu lieu, selon les premiers résultats des recherches menées par l’Université de Genève et la Haute école de gestion (HEG). Ceux-ci sont partiels, d’autres rapports étant attendus en 2024 et en 2025.
Si le dispositif «n’a pas provoqué d’effet significatif» sur le taux de chômage en général, il y a toutefois eu un léger impact pour les jeunes, «la population la plus concernée» selon la littérature scientifique existante, comme l’a souligné le responsable de l’étude, José Ramirez, professeur à la HEG Genève. Avec une hausse de 0,6%, le chômage chez les moins de 25 ans «n’a pas baissé autant qu’il l’aurait fait» sans cette mesure, a explicité Sylvain Weber, professeur assistant à la HEG.
Montant connu au franc près
Selon un sondage, les 18-25 ans «sont extrêmement au courant de l’existence du salaire minimum», a relaté José Ramirez: 88% en avaient connaissance et 68,5% connaissaient le montant «au franc près.» Si une majorité a déclaré que cela n’avait pas eu d’impact sur leur choix d’orientation, un tiers a indiqué que cela les avait fait réfléchir et certains ont dit avoir choisi de continuer en emploi après leur CFC plutôt que d’obtenir une maturité professionnelle.
«Cela va s’estomper»
Cette légère hausse du chômage des jeunes était attendue et «l’hypothèse que l’on fait, c’est que cela va s’estomper avec le temps», a rapporté la nouvelle conseillère d’Etat chargée de l’Economie et de l’Emploi, Delphine Bachmann. Selon José Ramirez, des facteurs comme le départ à la retraite des baby-boomers auront un impact significatif ces prochaines années sur l’emploi de cette population.
Moins de faux stages
Du côté des syndicats, ces premiers résultats, bien qu’anticipés, sont «une bonne nouvelle». Concernant les 18-25 ans, «on retient la réduction des faux stages: des patrons se sont conformés au salaire minimum, d’autres ont sans doute renoncé à proposer des emplois mal payés», a déclaré Davide De Filippo, président de la Communauté genevoise d’action syndicale. Chez les employeurs, «la plus grande préoccupation est que cela ne détourne pas les jeunes des formations qualifiantes», a relevé pour sa part Pierre-Alain L’Hôte, président de l’Union des associations patronales genevoises.
Dans quatre autres cantons
Léonard Boissonnas travaille à la rédaction de 20 minutes depuis 2012. Il est notamment passé par la rubrique web, avant de rejoindre la rubrique genevoise en 2018.
