SuissePub dans les boîtes aux lettres: plainte de la FRC contre La Poste
La Fédération romande des consommateurs s’attaque au géant jaune car celui-ci cherche à inciter les Suisses à accepter les prospectus dans les boîtes aux lettres.

La Poste tient vraiment à ce que vous acceptiez que les facteurs glissent des prospectus dans vos boîtes aux lettres. Elle a envoyé à 300’000 Suisses disposant d’un login à La Poste un courrier les incitant à ôter l’autocollant «Pas de publicité» et ainsi donner leur bénédiction pour la réclâme. Argument massue: La Poste promet que les rabais distribués «permettent d’économiser 2548 fr. par année», ce qui n’est pas une peccadille en temps d’inflation. Il y a même un concours: si vous changez d’avis et acceptez la pub, vous pouvez être tirés au sort et «gagner un prix d’une valeur de 2600 francs», écrit-elle sur son site.
Mais la démarche agace certains. La Fédération romande des consommateurs (FRC) a reçu des réclamations et déposé plainte contre La Poste auprès de la Commission suisse pour la loyauté, annonce-t-elle. Cette institution, privée, reçoit et juge les plaintes sur la publicité et peut faire des recommandations aux entreprises mais ne peut pas les punir ni les obliger à changer de pratiques.
500 postes à plein temps
«Il y a de quoi être surpris par l’énergie déployée pour cibler délibérément les personnes refusant de la publicité. On est en droit d’attendre d’une entreprise publique un peu plus de considération pour les choix de consommateurs», écrit la FRC. «À ce jour, nous n’avons pas connaissance d’une plainte», réagit La Poste, qui ajoute qu’elle prendra position directement auprès de la Commission.
Quant au reproche qu’elle manque de considération, elle conteste: si une personne appose l’autocollant pour dire non à la pub, «bien entendu, La Poste respecte cela». Elle mentionne cependant les gens qui ont «hérité» d’une boîte aux lettres de précédents locataires où l’autocollant était posé mais qui auraient voulu recevoir la réclâme.
Pour La Poste, la pub, ce n’est pas un détail: «environ 500 postes à plein temps dépendent des envois publicitaires», rappelle sa porte-parole Nathalie Dérobert, qui ajoute que «près de la moitié du volume des envois traités sont des envois non adressés, en grande majorité des publicités. Ils contribuent ainsi à financer le service universel.»
La publicité se porte bien
Yannick Weber (ywe) est chef de rubrique Suisse/Régions chez 20 minutes où il travaille depuis 2017. Ses domaines: politique, économie et consommation.
