Nuit Incolore«Après les apéritifs, je passe enfin au plat de résistance»
Le chanteur Valaisan Nuit Incolore a sorti son premier album, «La loi du papillon». Il s’inscrit dans la continuité de son EP «Insomnia» publié au printemps 2023.

L’année 2023 a été folle pour Nuit Incolore. Son single «Dépassé» a fait un carton et a été nommé Chanson de l’année sur TF1, le chanteur a livré un concert de dingue au Montreux Jazz en juillet et, plus récemment, il a été sacré Révélation francophone aux derniers NRJ Music Awards en date. Le Valaisan de 22 ans vient également de lâcher son premier album, «La loi du papillon».
Comment vous sentez-vous après la sortie de ce premier album après plusieurs EP?
C’est super. C’est comme si, après les apéritifs, je passais enfin au plat de résistance. C’est une petite consécration de pouvoir sortir une œuvre complète. J’espère qu’il y aura encore plein de plats par la suite. Je suis fier et content de ce que j’ai fait.
Votre album n’est pas un best of de vos EP.
C’est juste. Je raconte une histoire dans un ordre chronologique. Sur mes deux premiers EP, je racontais des histoires fictives. Sur «Insomnia», c’était un petit échantillon de ce que je pouvais faire en parlant de qui j’étais. C’était comme une intro. Là, je parle du parcours de mon âme.
Justement, vous continuez à vous dévoiler. Il n’y a pas un titre où vous ne parlez pas en «je».
Oui. Ce n’est pas du narcissisme ou de l’ego surdimensionné. C’est plus facile pour moi de parler en «je». Tout est inspiré de mes expériences. C’était assez difficile de faire cette introspection sans trop faire le Calimero. «La loi du papillon» s’inspire beaucoup du symbole du papillon de la mythologie grecque qui se dit «psyché» qui signifie «souffle de vie» ou «âme». C’est l’évolution du papillon, de la larve à la chrysalide jusqu’à ce qu’il prenne son envol. En fait, le plus dur dans la création du disque, ça a été de m’arrêter. Si j’avais pu faire 30 ou 40 chansons, je l’aurais fait.
Vous avez trois collaborations sur votre disque: une avec Tsew the Kid, une avec Mentissa et une avec Kyo. Racontez-nous.
Ce sont trois inspirations différentes. Tsew The Kid, c’était mon premier concert. C’était au Rez de l’Usine à Genève. J’avais pris une grosse claque. Notre titre «Bête noire» est inspiré de ces moments de live. Ensuite, Mentissa, c’est ma révélation de 2023. Sa personnalité et son timbre de voix, c’est quelque chose de fou. On s’est rencontré la première fois dans un bowling. Peu après, je lui ai écrit pour savoir si elle voulait être sur mon album. Elle a dit oui et ça a donné «Paradoxe». Cette chanson narre nos origines qu’on n’a jamais connues (ndlr: Nuit Incolore est né au Vietnam et a été adopté par une famille de Fully (VS). Pour finir, Kyo. J’écoutais ce groupe quand j’étais gosse dans le magasin de musique de mon père à Martigny. Il passait à la radio. Ça m’avait marqué. Grâce à la magie de nos labels, on s’est retrouvé à boire un verre sur une terrasse. Après des cocas, on est passé à la bière et on a écrit «Rendez-vous» dans la foulée.
Il y a beaucoup de mélancolie qui se dégage de l’album. Pourquoi?
Parce que je compose toujours la nuit. Ça me plaît plus. C’est durant la nuit que toutes les émotions négatives sortent. Je ne me force pas à écrire ainsi. Peut-être que si j’écrivais en journée je ferais de la chanson folklorique ou du latino, je ne sais pas!
Samedi 18 novembre 2023, vous étiez en dédicace dans le magasin de votre papa. Comment c’était?
C’était génial. Ça a duré cinq heures. Des fans ont attendu dans le froid et sous la pluie. J’étais un peu gêné. J’aurais voulu passer une heure avec chaque personne. C’était fou. J’ai vu des étoiles dans les yeux des enfants. Je crois que je leur ai donné de l’espoir et je leur ai offert des souvenirs inaliénables. J’ai aussi l’impression de rendre fier mon pays.
Et votre NRJ Music Awards, vous allez le mettre où?
Je l’ai pris justement avec moi en Valais dans l’idée de l’offrir à ma grand-mère. Je le lui ai montré et elle m’a dit qu’elle préférait que je le garde. Alors, je vais le retrimballer jusqu’à chez moi, près de Paris. On ne se rend pas compte, mais il est superlourd!

Fabien Eckert est journaliste à 20minutes depuis 2011. Il est spécialisé dans la musique, mais il traite aussi des sujets culture, people ou télé.
