Energie: Les professionnels du nucléaire sont très recherchés

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ÉnergieLes pros du nucléaire manquent pour faire tourner les centrales

Alors que les centrales atomiques risquent de fonctionner plus longtemps, une pénurie de personnel qualifié menace le secteur, qui est à la recherche de nouveaux talents.

Les centrales de Leibstadt (AG), Gösgen (SO) et ici Beznau (AG) recherchent 40 professionnels du nucléaire mais n’en trouvent pas. (Image d’illustration)
Les centrales de Leibstadt (AG), Gösgen (SO) et ici Beznau (AG) recherchent 40 professionnels du nucléaire mais n’en trouvent pas. (Image d’illustration)20min/Michael Scherrer

La «NZZ am Sonntag» relaie un problème auquel la Suisse va devoir rapidement faire face: recruter du personnel formé pour faire fonctionner les centrales nucléaires du pays. La situation est d’autant plus critique que se profile une prolongation de la durée de vie des réacteurs de 50 à 80 ans. Pour les quatre centrales restantes dans les cantons d’Argovie et de Soleure, ce sont 40 postes qualifiés qui sont à repourvoir.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait déjà alerté la Suisse en octobre 2021. Des experts avaient indiqué que la recherche de personnel constituait l’un des plus grands défis pour les centrales nucléaires suisses. Fin septembre de cette année, l’inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a demandé aux exploitants de centrales d’élaborer une feuille de route pour promouvoir la formation d’une main-d’œuvre qualifiée dans tous les domaines du nucléaire.

Relève attendue mais pas suffisante

L’intervention de l’IFSN a porté ses fruits. Selon une porte-parole cela a contribué à ce que la centrale nucléaire de Leibstadt envisage une réorganisation de son personnel. Par contre, l’autorité de surveillance a émis des doutes concernant un projet informatique d’Axpo (exploitant de centrales) visant à centraliser certains services.

Car pour faire face à ces pénuries, il faut former des spécialistes. Et seul un cursus d’études suisse est proposé par l’EPFZ et l’institut Paul Scherrer (PSI). L’année dernière, 21 étudiants ont obtenu leur diplôme, cette année ils seront 27. Mais la moyenne annuelle sur le long terme n’est que de 14.  Et il n'y aura cependant pas assez de personnel sachant que pour devenir ingénieur de permanence, la formation dure huit ans et que les centrales suisses ont des spécificités particulières, d’autant que ces étudiants sont déjà très courtisés durant leur formation.

Nouvelles centrales à l’étude?

Même si, en 2017, le peuple a plébiscité l’interdiction de construire de nouvelles centrales, le Conseil fédéral recommande au Parlement de valider un postulat du président du PLR, Thierry Burkart, demandant entre autres d’examiner l’opportunité de construire de nouveaux réacteurs nucléaires, peut-on lire dans le «SonntagsZeitung» et «Le Matin Dimanche». Le thème devrait figurer au menu de la session d’hiver qui débute ce lundi à Berne. Pas sûr que les parlementaires des deux chambres acceptent cette demande, selon des projections basées sur la plateforme Smartvote.
Cette demande s’inscrit dans les discussions qui se tiennent lors de la COP28 à Dubaï où une vingtaine de pays en appellent à tripler la part du nucléaire d’ici à 2050.
(jbm)

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