Primes maladie: un expert estime que le choc aurait pu être évité

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Primes maladie«Les deux derniers chocs des primes auraient pu être évités»

Selon l’EPFZ, les coûts de la santé continueront de grimper au-delà de 2025. Mais un expert estime que la hausse des primes a dépassé l’augmentation des charges.

La hausse des primes maladie a largement dépassé l’augmentation des coûts de la santé, selon un expert.
La hausse des primes maladie a largement dépassé l’augmentation des coûts de la santé, selon un expert.20Min/Carole Alkabes

Fin septembre, les assurances suisses annonçaient une forte augmentation des primes maladie en 2024. Mais la mauvaise nouvelle est que la tendance devrait se poursuivre. Selon les prévisions du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF), les coûts de la santé pourraient augmenter de 3,6% l’an prochain, contre 4,1% en 2023 et 2,4% en 2022. Et la hausse devrait représenter 3,2% en 2025. Ça se traduit par des dépenses globales qui passeront de 88,4 milliards en 2022 à 98,4 milliards en 2025.

Le rapport du KOF mentionne également un changement dans le financement de ces coûts: depuis 2020 et l’apparition du Covid, la part prise en charge par la Confédération a augmenté de manière perceptible, en lien avec le financement des tests puis de la vaccination de la population contre le coronavirus.

Le KOF a également calculé la part que représentent les dépenses dans le domaine de la santé dans le produit intérieur brut (PIB). Selon ses prévisions, elle passera de 11,3% en 2022 à 11,5% en 2023, un taux qui devrait rester stable pour les deux années suivantes. En comparaison, cette part était de 10,9% en moyenne entre 2012 et 2021 et de 9,8% entre 2002 et 2011.

«Interventions politiques malvenues»

Réagissant à ces chiffres, Comparis a publié l’avis de son expert en assurances maladies, qui estime que «la hausse des primes «a largement dépassé la croissance des dépenses totales de santé». Et Felix Schneuwly d’affirmer que «les deux derniers chocs des primes de 6,6% et 8,7%, auraient pu être évités». Il pointe du doigt les obligations qui pèsent sur les assurances, affirmant qu’il n’y a actuellement «pas d’explosion des coûts de la santé mais une explosion de la réglementation et de la bureaucratie qui perturbe la prise en charge médicale et son financement».

L’expert fustige aussi les «interventions politiques malvenues». Selon lui, chaque fois qu’il y a eu une action politique en matière de réserves financières des caisses maladie, cela a «toujours provoqué un choc des primes qui, à son tour, a toujours entraîné une forte rotation de la clientèle dans l’assurance maladie». Il note que du moment que chaque assurance doit constituer des réserves pour sa nouvelle clientèle, une forte augmentation de celle-ci pourrait mettre en péril sa solvabilité.

Felix Schneuwly reste toutefois optimiste. «Le parlement nouvellement élu et la personne qui sera choisie en décembre pour succéder au président de la Confédération Alain Berset sont une occasion de renouer le dialogue avec les acteurs et de se recentrer sur la concurrence régulée, qui récompense davantage l’efficacité et la qualité des prestations médicales assurées que la quantité.»

(fcc/jfz)

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