Un Vaudois acquitté pour la mort de sa compagne

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VaudJugé irresponsable de la mort de sa compagne, il a été acquitté

Un trentenaire avait reconnu avoir serré le cou de sa conjointe jusqu'à la mort, en 2018. Le Tribunal cantonal vient de le libérer de tout chef d’accusation.

En première instance, l’homme avait reconnu d’avoir étranglé sa compagne un matin de novembre 2018. Image d’illustration.
En première instance, l’homme avait reconnu d’avoir étranglé sa compagne un matin de novembre 2018. Image d’illustration.GettyImages

Devant les juges, Daniel* avait avoué avoir étranglé sa compagne à leur domicile d’Yverdon-les-Bains (VD), en novembre 2018. Ce printemps, la justice avait reconnu ce trentenaire coupable d’assassinat et l’avait condamné à 14 ans de prison. Mais le Tribunal cantonal (TC), qui a rendu son jugement cette semaine, a complètement renversé la vapeur. Daniel a été libéré de ce chef d’accusation, en raison d’un état d’irresponsabilité au moment des faits.

Tuée dans le lit conjugal

Un matin d’hiver, ce Vaudois avait serré le cou de sa compagne dans le lit conjugal, tandis qu’un des trois enfants de celle-ci dormait dans la chambre d’à côté. Le trentenaire, violent, avait menacé de la tuer si elle ne s’excusait pas pour des propos qu’elle avait tenus quelques heures plus tôt. Lui, qui consommait beaucoup de drogue à cette époque, avait parlé de «préméditation inconsciente» à l’acte fatal, lors de son procès.

Son avocat avait fait appel du jugement de première instance. Le Tribunal criminel de l’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois avait retenu une responsabilité moyennement diminuée du prévenu et prononcé son internement. De son côté, le TC s’est finalement rallié à une autre expertise, datant de 2019.

«Les juges cantonaux ont estimé que mon client devait être acquitté et qu’il fallait renoncer à l’internement, au profit d’une mesure institutionnelle, moins attentatoire à la liberté personnelle, explique Me Laurent Seiler, défenseur du prévenu. Contrairement à l’internement, qui intervient après l’exécution d’une peine privative de liberté, la mesure institutionnelle est exécutée tout de suite, en principe dans un établissement approprié, et est réévaluée périodiquement.»

«Ma cliente ne comprend pas»

Du côté des parties plaignantes, c’est le choc. «La sœur de la disparue vit cela comme une injustice. Ça passe très mal. Ma cliente n’arrive pas à comprendre…», rapporte Me Anne-Louise Gillièron. «Elle aura vécu dans une relation malsaine jusqu’à son dernier souffle», avait déploré la sœur de la défunte lors du procès de l’accusé, en mai dernier.

En l’état, seul le Ministère public peut faire appel. «On espère qu’il le fera. C’est aussi le souhait de l’avocat des jumeaux de la défunte», conclut l’avocate.

*Prénom d’emprunt

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Lauren von Beust (lvb) est journaliste à 20 minutes depuis 2019 pour la rubrique Suisse/Régions. Elle a un faible pour la chronique judiciaire et les sujets animaliers.

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