Myclimate utilise Poutine dans sa campagne pour le climat

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Votations du 18 juin«Avec l’enveloppe de vote, on peut désormais faire taire Poutine»

La fondation myclimate fait campagne pour la loi sur le climat. Des installations pour déposer son enveloppe de vote à l’effigie de Poutine se trouvent à Zurich, Berne et Genève.

L’installation sera à la gare de Genève les 11 et 12 juin.
L’installation sera à la gare de Genève les 11 et 12 juin.myclimate/Capture d’écran

En vue des votations fédérales du 18 juin, la fondation myclimate s’est lancée, ce mardi, dans la campagne électorale pour la loi sur le climat avec une action quelque peu inhabituelle. Du 6 au 12 juin, elle installe dans les gares de Zurich (6 et 7 juin), Berne (8 et 9 juin) et Genève (11 et 12 juin) des écrans à l’effigie de Vladimir Poutine.

On peut y lire le hashtag #Putinyourvote, qui incite à jeter les enveloppes de vote dans la gorge du président russe. À l’intérieur de l’installation se trouve une boîte aux lettres officielle de La Poste qui est vidée chaque soir. L’écran est muni d’un capteur qui détecte l’introduction de l’enveloppe. L’animation change alors et montre un Poutine haletant, la tête rouge.

«Un client commercial»

Sollicitée par myclimate, la Poste a mis à disposition à titre payant une boîte aux lettres officielles car «il est important pour nous que les enveloppes de vote arrivent à destination de manière sûre et fiable», explique Stefan Dauner, porte-parole. Quant à savoir si cela ne s’oppose pas à la neutralité politique de la Poste, il répond par la négative: «elle ne participe pas à la campagne politique, ne sponsorise pas non plus cette action et n’est pas visible», dit-il. «Il s’agit d’un rapport normal avec un client commercial pour lequel la Poste assure la logistique à titre onéreux. Elle ne prend pas position politiquement, mais transporte des enveloppes de vote. C’est en refusant de le faire en raison de l’orientation politique du mandant qu’elle n’aurait pas été politiquement neutre», conclut-il.

«Les Suisses paient aujourd’hui environ 8 milliards de francs par an pour les énergies fossiles – de l’argent qui va à des États autocratiques comme l’Arabie saoudite, le Nigeria, la Libye ou la Russie. Avec sa dépendance au pétrole et au gaz naturel, la Suisse se rend donc également dépendante d’autocrates», explique Stephen Neff, CEO de myclimate. «Avec l’argent que la Suisse a transféré pendant des années à la Russie, Poutine finance désormais la guerre en Ukraine», ajoute-t-il.

«Avec l’enveloppe de vote, on peut donc désormais faire taire Poutine», déclare-t-il encore. L’objectif des écrans est d’«aller chercher surtout les jeunes urbains. Grâce à la gamification, nous espérons que des personnes qui ne se seraient pas rendues aux urnes auparavant seront incitées à voter. C’est notre chance, en tant que démocratie, de tenir tête ensemble aux autocrates», conclut Stephen Neff.

«Propagande de bas étage»

Interrogé sur l’action de myclimate, le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS) répond que «toute mesure visant à s’affranchir d’une dépendance quelconque est bénéfique. Mais il faut se demander ce qu’il est possible de faire et à quel prix». Dans ce cas précis, il parle d’«une propagande de bas étage qui mêle deux sujets différents. À la faveur d’une loi sur le climat, on veut embarquer la population dans un débat sur la guerre en Ukraine». S’il existe bien des liens entre les deux sujets, «prendre parti contre la Russie, c’est rompre le principe de neutralité», rappelle-t-il, avant de conclure en disant qu’«accepter la loi sur le climat – qu’il appelle «loi sur le black-out» – serait désastreux et pour le pouvoir d’achat des Suisses et entraînerait une pénurie d’électricité».
(dk/aze)

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