Les performances lors du recrutement de l’Armée suisse sont en chute libre

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Armée suisseLes performances lors du recrutement sont en chute

Les performances sportives des conscrits de l’armée suisse sont moins bonnes depuis 2022. Un médecin pointe du doigt les effets à long terme du Covid.

Le Covid long aurait un effet significatif sur les performances des futurs recrues de l’armée suisse.
Le Covid long aurait un effet significatif sur les performances des futurs recrues de l’armée suisse.20min/Simon Glauser

Les jeunes suisses qui participaient aux tests de sélection de l’armée en 2020 pouvaient courir selon un rythme donné durant 799 secondes en moyenne. À peine deux ans plus tard, ce chiffre a chuté à 751 secondes, soit une diminution de 6%. Et le constat est similaire pour d’autres exercices qu’effectuent les conscrits lors de leur recrutement, comme le gainage dans la position de la planche ou le lancer de ballons lestés: les performances ont significativement chuté en l’espace de 24 mois.

Pour Alain Dössegger, employé par la Haute École fédérale de sport de Macolin (HEFSM) et responsable de l’évaluation des données des tests physiques à l’armée, cet écart de performance pourrait être l’une des conséquences de la pandémie Covid-19. Ses soupçons ne portent pas sur l’inactivité causée par le virus, car les jeunes s’exercent aujourd’hui autant qu’au cours des dernières années, mais sur les effets à long terme de la maladie. «Le Sars-CoV-2 peut affecter le corps pendant très longtemps. Je connais certaines personnes qui, après le Covid, n’ont plus pu fonctionner à pleine capacité», explique l’homme dans les colonnes du «TagesAnzeiger». Et de continuer: «Lorsque j’interroge des unités de l’armée très actives sur d’éventuelles pertes de performances maximales, une bonne moitié des personnes hautement entraînées se sentent affectées.»

Alain Dössegger en appelle donc à mener de plus amples recherches sur les potentiels effets du Covid long. Pour rappel, en 2021, selon l’Alliance Covid Long, environ 300’000 personnes en Suisse souffraient des effets à long terme du virus. Des symptômes qui commenceraient à lentement s’estomper au bout de deux ans, selon une étude menée par un épidémiologiste de l’Université Paris Cité en 2023.

(sbv)

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