Genthod (GE): Le centre de soins pour oiseaux pas encore sauvé

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Genthod (GE)Le centre de soins pour oiseaux pas encore sauvé

Faute de dons suffisants d’ici la fin de cet été, le centre ornithologique risquait un atterrissage brutal. La situation s’est certes améliorée, mais l’avenir reste incertain.

La biologiste Fanny Gonzalez (à gauche) ausculte une buse variable blessée, au Centre ornithologique de réadaptation de Genthod (COR).
La biologiste Fanny Gonzalez (à gauche) ausculte une buse variable blessée, au Centre ornithologique de réadaptation de Genthod (COR).dra

La bonne nouvelle, d’abord. L’appel au secours lancé ce printemps par le Centre ornithologique de réadaptation de Genthod (COR) a été entendu. Financée quasi intégralement par des dons, la structure de soins aux oiseaux sauvages a récolté quelque 120’000 francs. La mauvaise nouvelle, ensuite: il fallait 200’000 fr. d’ici cet automne pour pérenniser les activités de l’institution, avait calculé son président (bénévole), Patrick Jacot. «Là, on tient jusqu'à la fin de l’année, mais la situation reste fragile. Sans apport de nouveaux fonds, on risque de devoir encore réduire la voilure, l’an prochain.»

Baisse des prestations?

Ces derniers mois, deux des quatre spécialistes employés à mi-temps ont été remerciés, faute de moyens financiers. «On fera le maximum pour conserver les postes restants, assure le dirigeant. Par contre, même avec l’aide de nos bénévoles, nous pourrions devoir diminuer le nombre de nos interventions et de nos analyses médicales.»

Le COR risque aussi de ne plus se concentrer que sur les grosses opérations qui nécessitent des compétences et une logistique spécifiques. «Pour le reste, il nous sera impossible d’aller systématiquement chercher un merle blessé au bord d’une route, par exemple.»

Conjoncture en cause

Les montants aujourd’hui nécessaires pour poursuivre le travail reconnu de la structure spécialisée pourraient être en partie obtenus via le traditionnel appel aux dons de Noël. Encore que… L’an passé, celui-ci n’avait même pas rapporté la moitié de la somme habituellement escomptée. La faute à la conjoncture. «Comme pour toutes les associations qui vivent de la générosité d'autrui, les temps sont durs, soupire Patrick Jacot. Avec la hausse du coût de la vie, des loyers, des primes maladie, de l’essence et de l’électricité, nos frais augmentent. Mais surtout, les gens tirent la langue; logiquement, leurs dons se raréfient ou sont moins importants.»

Milliers d’oiseaux sauvés et soignés

Créé en 1975, le Centre ornithologique de réadaptation comprend aujourd’hui deux infirmeries, une unité vétérinaire, une nurserie, une salle de quarantaine et une trentaine de volières. L’an dernier, celui-ci a accueilli 2400 oiseaux sauvages, pour quelques jours ou plusieurs mois, selon leur état de santé. Les tâches du personnel ne se limitent pas aux soins. Les collaborateurs effectuent aussi de nombreux sauvetages sur le terrain, et ils fournissent par ailleurs des conseils et des expertises, aux particuliers comme aux collectivités publiques. Enfin, le COR a une vocation pédagogique: des classes d’école visitent les lieux chaque année. 

David Ramseyer (dra) a intégré la rubrique Genève de 20 minutes en 2014. Il traite notamment de sécurité et de développement durable.

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