Activistes du climatCrainte d’une radicalisation après l’action à l’aéroport de Genève
Tant qu’elles restent pacifistes, les organisations écologistes ne sont pas dans le collimateur des services de renseignements suisses. Mais cela pourrait changer.
En Allemagne, la justice enquête sur les militants écologistes de Letzte Generation (la dernière génération) qui pourrait être considéré comme une organisation criminelle. En Suisse aussi, Renovate Switzeland ou Extinction Rebellion attirent régulièrement l’attention au travers d’actions spectaculaires.
La dernière en date s’est déroulée mardi à Genève. Plus de 100 activistes climatiques ont pris d’assaut le tarmac de l’aéroport pour protester contre les jets privés. Le blocage a donné lieu à la prononciation de 102 ordonnances pénales pour violation de domicile, dommages à la propriété et contrainte. Les participants ont écopé de jours-amende avec sursis. Une personne a été condamnée pour violence ou menace contre les autorités.
Utilisés par les extrêmes
Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) dit observer les groupes extrémistes violents. «Pour que le SRC puisse agir de manière préventive, il ne suffit pas que les personnes aient un background idéologique ou politique», rappelle la porte-parole du SRC Sonja Margelist au «SonntagsZeitung».
Jusqu’à présent, les activistes n’ont pas eu recours à la violence, raison pour laquelle ils ne sont pas encore dans le collimateur du SRC. «Mais il est probable qu’une partie de ces milieux se radicalise dans les années à venir», poursuit la responsable. Si leurs revendications ne trouvent pas d’écho dans le processus politique, «certains franchiront alors le pas de la violence», suppose la porte-parole du SRC. Selon elle, il est probable aussi que les activistes du climat soient infiltrés par des groupes d’extrême droite ou d’extrême gauche et qu’ils soient utilisés «comme plateforme» pour mener des actions violentes.