La banque BNP veut raser une forêt pour un écoquartier parisien

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Développement durableUne banque veut bousiller une forêt pour faire un écoquartier

BNP Paribas Immobilier veut raser 2 hectares d’espaces boisés pour construire 450 logements en région parisienne. Un projet combattu par des riverains et associations de protection de la nature.

BNP Paribas a le projet de raser deux hectares de forêt pour construire un écoquartier en région parisienne.
BNP Paribas a le projet de raser deux hectares de forêt pour construire un écoquartier en région parisienne.Pexels/Nejc Košir

Bois de lumière: c’est le surnom donné par les riverains à une forêt en Seine-Saint-Denis, en France, menacée d’être rasée. La branche immobilière de la banque BNP Paribas souhaite y construire un écoquartier après avoir été sélectionnée en 2019 par la ville de Paris dans le cadre de «Inventons la Métropole du Grand Paris», un appel à projets d’architecture et d’urbanisme.

Un écoquartier, c’est quoi?

Plusieurs critères définissent un écoquartier. Parmi eux, le recours à des matériaux durables, une promotion de la mobilité douce, une gestion des déchets optimale, la création d’espaces verts et de lieux favorisant la mixité sociale et générationnelle.

Raser 2 hectares de forêt

La construction de cet écoquartier, qui abriterait 450 appartements (dont 20% de logements sociaux), une crèche, un restaurant, une ferme urbaine et des lieux de formation nécessiterait de raser 22’200 m² de forêt. À la place, des espaces verts et un plan d’eau central seraient aménagés sur 8000 m2. Une aberration pour bon nombre d’habitants du quartier et associations de défense de la nature. Ils rappellent que ce bois, situé sur une parcelle privée, héberge des arbres centenaires et des espèces protégées ou menacées, selon deux études réalisées en août 2022 par la ligue pour la protection des oiseaux d’Île-de-France et par l’association R.E.N.A.R.D. (Rassemblement pour l’étude de la nature et l’aménagement de Roissy le District). «Raser une forêt pour construire des immeubles, c’est un projet digne d’un autre siècle», s’indigne l’élu socialiste Fériel Goulamhoussen, dans un article publié le 20 juillet dans le média dédié à l’écologie «Reporterre».

Des critiques balayées d’un revers de main par Brigitte Marsigny, maire de Noisy-le-Grand, la commune où se trouve la forêt: «Ce programme comporte aussi des petites maisons, un bassin, une part de logements sociaux pour des gens en difficulté», déclarait l’élue du parti Les Républicains au «Parisien» le 9 juillet. «Le promoteur l’a aussi adapté aux demandes faites par l’autorité environnementale. Après si les gens s’y opposent, qu’ils s’adressent à la justice. Moi, si le permis de construire qui doit bientôt être déposé est conforme, je le validerai.» L’élue a été placée en garde à vue le 17 septembre dans le cadre d’une enquête judiciaire – dont on ne sait pas si elle porte aussi sur le projet de construction de l’écoquartier – pour blanchiment et prise illégale d’intérêts. La régularité de cession de terrains et d’octroi de permis de construire est au cœur des investigations. Elle a été remise en liberté depuis et n’est pas poursuivie pour l’instant.

Le bois, un matériau écolo

Pour remplacer le béton, matériau bon marché à fort impact environnemental, l’une des options est le bois. Selon une étude menée pour l’État de Genève par l’atelier fribourgeois Lutz architectes et la société de conseil en développement durable Quantis, un bâtiment en bois et biomatériaux aurait une empreinte carbone réduite de 30% à 40% par rapport à une structure en béton.
En Suisse, l’utilisation de cette ressource locale et renouvelable est protégée par une loi qui vise à empêcher la déforestation en définissant un capital de base intouchable. L’excédent de bois, dû à la croissance des arbres, pourrait donc être utilisé comme matériau de construction.

Nina Seddik est journaliste lifestyle à 20 Minutes depuis 2021.

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