Rabais fiscal si on bosse à 100%: l’Etat craint d’être dépouillé

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Taux de travailRabais fiscal si on bosse à 100%: l’État craint d’être dépouillé

Le Conseil fédéral appelle au rejet d’une proposition d’un parlementaire qui veut que les gens qui travaillent à temps complet obtiennent une déduction aux impôts.

Les finances de la Confédération étant ce qu’elles sont, le gouvernement voit d’un mauvais œil ce qui pourrait réduire encore ses recettes.
Les finances de la Confédération étant ce qu’elles sont, le gouvernement voit d’un mauvais œil ce qui pourrait réduire encore ses recettes.20min/Ela Çelik

Un nouveau rabais d’impôt? Aïe, il faudra bien calculer d’abord pour être sûr qu’on ne va pas se retrouver sur la paille. C’est ainsi qu’a répondu le Conseil fédéral à la proposition du conseiller aux États Damian Müller (PLR/LU), qui souhaite que les personnes qui travaillent à temps plein aient droit à une déduction fiscale identique en tous points à celle du 3e pilier. Son but est ainsi de lutter contre la pénurie de main-d’œuvre et réduire le recours à l’immigration en exploitant au max le potentiel en Suisse.

Sur le fond, le Conseil fédéral dit qu’il est d’accord avec l’ambition d’inciter les gens à travailler plus longtemps. Mais l’idée, là, ça ne passe pas. «Il n’est pas judicieux de prendre de nouvelles mesures sans les soumettre à un examen approfondi, car il pourrait s’ensuivre des pertes de recettes supplémentaires pour l’État», écrit-il dans sa prise de position publiée il y a deux semaines.

Calculer le temps libre

D’autant plus que le Conseil fédéral dit avoir déjà mis en marche un gros projet qui devrait avoir un effet incitatif similaire: l’imposition individuelle. Pour le gouvernement, le plus gros potentiel de hausses du temps de travail se trouve chez les femmes qui sont à temps partiel. Et l’idée de séparer les déclarations fiscales des couples mariés doit constituer cet encouragement à travailler plus sans craindre que le salaire obtenu en plus ne parte directement aux impôts vu que celui-ci est progressif et que, additionné au revenu du mari qui bosse à temps plein, c’est l’État qui va s’en mettre plein les poches.

Damian Müller, lui, voit aussi une question de justice au-delà de la simple question financière. Les gens qui travaillent à temps plein ont moins de temps libre et «doivent régulièrement rémunérer des auxiliaires pour se faire aider, par exemple pour le ménage». Pour lui, le temps libre (ou le temps de travail) doit être pris en compte dans le calcul de l’impôt et non seulement le revenu total.

Ce sera au Parlement de trancher.

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Yannick Weber (ywe) est chef de rubrique Suisse/Régions chez 20 minutes où il travaille depuis 2017. Ses domaines: politique, économie et consommation.

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