NeuchâtelVos messages vocaux, une mine d’or pour l’Uni
Des chercheurs de l’Uni font appel au public pour leur fournir des vocaux afin d’étudier l’évolution réelle de la langue en Suisse romande.

«Donnez vos vocaux à la science!» En vue d’étudier la langue parlée des jeunes Romands et d’identifier l’émergence de nouveaux mots et expressions, l’Université de Neuchâtel (Unine) récolte des messages vocaux envoyés sur WhatsApp depuis différentes régions de la Suisse romande. Une vaste campagne participative a été lancée récemment au sein de l’établissement. Tout le monde à partir de 16 ans révolus peut participer à l’étude.
Identifier les accents régionaux
«Les messages vocaux constituent des données précieuses. Ils sont souvent spontanés et reflètent une situation de parole authentique, enregistrée dans des conditions réelles d’échange par messagerie», commente Laure Anne Johnsen, professeure titulaire à l’Institut de langue et civilisation françaises de l’Unine. Cette étude veut aussi identifier les accents régionaux, la reconnaissance vocale, la vitesse d’articulation et le débit de parole.
«Ces messages capturent de la parole ordinaire et se distinguent d’extraits de parole préparée, publique ou mise en scène. Il s’agit d’une pratique de communication émergente, dont on ne connaît pas le destin et qu’il reste à caractériser, notamment en contraste avec les échanges face à face, les appels téléphoniques, les SMS, etc.», complète la professeure. Pourtant, à en croire un récent sondage du géant de la vente en ligne galaxus.ch, près de la moitié des Suisses est exaspérée par les messages vocaux. Selon les sondés, les audios sont nettement moins clairs que les textos classiques et ne permettent pas de savoir instantanément la teneur d’un message.
La technologie facilite le travail
Il n’empêche que «les smartphones et les réseaux sociaux ouvrent de nouvelles perspectives dans la recherche et la collecte de données. Ils permettent d’avoir accès à des milliers d’échantillons dans des temps record, de façon décentralisée, note Mathieu Avanzi, professeur ordinaire et directeur du Centre de dialectologie et d’étude du français régional à l’Unine. Ces perspectives constituent de nouvelles occasions pour l’avancement de notre connaissance du français parlé par les jeunes Romands.» Dans sa politique de confidentialité et de traitement des données, l’Unine assure que ce projet de recherche non commercial n’est pas affilié à la société Meta, regroupant WhatsApp et Facebook.