Vevey (VD)Commune et proprios trouvent leur compte en hébergeant l’EVAM
La ville de la Riviera va accueillir un troisième centre pour migrants en un an. Les planètes y sont alignées pour ce développement bienvenu pour l’EVAM, aujourd’hui largement surchargé.

À Vevey (VD), l’EVAM semble avoir trouvé un début de solution face à l’augmentation drastique du nombre de personnes qu’elle doit loger. Ses bénéficiaires ont en effet plus que doublé en un an, à cause notamment de la guerre en Ukraine. Or, depuis mai dernier, Vevey s’est affairée davantage que d’autres communes à «faciliter» la mise à disposition de lieux pour y créer des foyers temporaires. Le dernier en date, présenté mardi, offrira 200 places dans un bâtiment de Nestlé. Au contraire des deux abris PCi sollicités actuellement, situés en sous-sol et accueillant uniquement des hommes seuls, ce centre pourra accueillir des familles.
L’excellente collaboration avec la commune est saluée par l’EVAM. «Comme les autres, nous avons été sollicités, rapporte le syndic, Yvan Luccarini. Nous avons été actifs car nous avons à cœur de faire notre part, et même plus, pour un accueil digne des migrants. Le fait d’être une commune marquée à gauche a sûrement pesé dans ces réflexions, mais il y a aussi une conjonction d’opportunités.» En effet, les plans régissant l’urbanisme veveysan sont en suspens et doivent être révisés. Les grands projets immobiliers sont donc à l’arrêt pour plusieurs années. Plusieurs bâtiments sont ainsi vides et peuvent être temporairement affectés à l’accueil des migrants, comme l’ancien Hôpital de la Providence ou un ex-EMS.
La situation semble intéressante pour les propriétaires privés. Des locaux vides peuvent en effet rapidement se détériorer ou être investis sans leur accord. Nestlé explique que son bâtiment est actuellement sous-employé. «Il était donc approprié de lui trouver une utilité pour une organisation à vocation sociale. Un étage a déjà été mis à disposition de l’association Partage Riviera, qui apporte une aide alimentaire aux personnes dans le besoin.» Le contrat court pour l’instant jusqu’à fin 2024, avec prolongation possible selon le développement du futur projet prévu dans ce lieu. Des discussions sont menées pour d’autres bâtiments, confie encore Nestlé, sans donner plus de détail. Du côté d’Orllati, nouveau propriétaire de l’Hôpital de la Providence, l’opération a rapporté 800’000 francs pour la location de la première année, rapportait alors «24 heures». Un montant payé par l’EVAM, donc par le Canton.
Éviter les amalgames
Pauline Rumpf (rmf) est journaliste et a travaillé à 20 minutes aux rubriques Suisse/Régions de 2017 à 2025 chez 20 minutes.
