Les futurs médecins ne veulent pas travailler à temps plein

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SantéLes futurs médecins ne veulent pas travailler à 100%

Selon une enquête, un tiers des étudiants en médecine envisagent d’abandonner le métier après leurs études. Et ceux qui tiennent veulent travailler en majorité à temps partiel.

Après le contact intensif avec la réalité du métier pendant l’année d’études à option, seuls 31% des étudiants se sentent confirmés dans leur choix professionnel.
Après le contact intensif avec la réalité du métier pendant l’année d’études à option, seuls 31% des étudiants se sentent confirmés dans leur choix professionnel.24HEURES/GERALD BOSSHARD

C’est une enquête inquiétante pour la relève dans le monde médical en Suisse. Alors que notre pays connaît une pénurie croissante de personnel soignant, et que plus du quart des médecins a plus de 60 ans, une enquête de l’Association Suisse des étudiants en médecine (swimsa) menée auprès de 2300 de ses membres, montre qu’un tiers des jeunes en formation envisage de tourner le dos à la profession de médecin, après leurs premières expériences pratiques à l’hôpital.

Après le contact intensif avec la réalité du métier pendant l’année d’études à option, seuls 31% des étudiants se sentent confirmés dans leur choix professionnel. Pire: pour 34% des étudiants, cette année de pratique les fait envisager sérieusement de renoncer à leur projet professionnel, relève la swimsa ce lundi.

Conditions trop dures

«Pourtant, les résultats de l’enquête montrent que l’intérêt pour la médecine reste élevé durant toutes les études. Les jeunes choisissent cette voie parce qu’ils souhaitent exercer une profession qui a du sens et qui est en contact direct avec les patients», souligne l’association.

Mais ce qui les décourage, ce sont les conditions de travail. En effet, 40% des praticiens travaillent plus de 11 heures par jour en clinique. Du coup, 74% des étudiants mettent en avant le mauvais équilibre entre vies professionnelle et privée. Le peu de temps consacré aux patients (15-30% seulement) et la paperasse les rebutent aussi.

Pas de travail à temps plein

Autre phénomène tout aussi inquiétant: le sondage révèle qu’une grande majorité des étudiants n’ont pas l’intention de travailler à 100% une fois leurs études spécialisées terminées. Seuls 28% d’entre eux souhaitent un job à plein temps, contre 54% qui imaginent un 80%.

Par ailleurs, 96% des sondés estiment qu’un travail à 100% en clinique ne devrait pas dépasser les 50 heures par semaine. Et plus de la moitié d’entre eux (55%) jugent même que le nombre d’heures ne devrait pas dépasser les 42 heures.

Une demande loin de la réalité actuelle, puisque selon l’Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique (asmac), le temps de travail moyen dans les hôpitaux dépasse les 56 heures par semaine. La swimsa préconise d’améliorer les conditions de travail pour prévenir ces abandons prématurés, notamment en réduisant les heures hebdomadaire pour les médecins-assistants et en leur donnant davantage accès au temps partiel.

Jeunes et temps partiel: un cliché

Alors que l’on entend souvent que les plus jeunes ne voudraient plus travailler de nos jours, les chiffres publiés ce printemps par l’Office fédéral de la statistique montrent que l’appétence pour les emplois à temps partiel n’est pas une question d’âge, mais plutôt une tendance générale qui se dessine depuis 10 ans. En moyenne en 2022, le taux de d’occupation des 25 ans était de 87,2% alors qu’il se montait à 73,8% chez les 60 ans. A 55 ans, le taux moyen se situe à 87,5%. Les salariés âgés de 35 ans sont les plus proches du temps plein avec un taux d’occupation de 90%.

Christine Talos (cht) est journaliste au sein de la rubrique Suisse/Régions depuis 2011. Son domaine de prédilection est la politique suisse.

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